La pandémie et le confinement ont "modifié" le sommeil des Français "mais pas qu'avec des dimensions négatives", rapporte une étude

Étude sur le sommeil (illustration).
Étude sur le sommeil (illustration). ( / MAXPPP)

Les scientifiques cherchent notamment à en apprendre plus sur la capacité inconsciente du cerveau à gérer la situation.

La pandémie et le confinement ont "modifié" le sommeil des Français, "mais pas qu'avec des dimensions négatives", explique Perrine Ruby, chercheuse à l'Inserm et au centre de recherche en neurosciences de Lyon, mardi 12 mai sur franceinfo. Le centre a lancé une étude sur le sommeil et les rêves des Français pendant l'épidémie de coronavirus.

En savoir plus sur les rêves

L'objectif de cette étude est double : "À la fois en apprendre plus sur le rêve, pour savoir si le rêve se comporte exactement de la manière à laquelle l'on s'attendait, dans ces circonstances extrêmes. Et puis il y a l'idée que tous ces rêves vont aussi nous apprendre des choses sur ce qu'on a vécu, des choses qui n'étaient pas forcément visibles et pas accessibles à la conscience. Donc ça va dans les deux sens et ce sera vraiment précieux", explique la chercheuse. Elle espère trouver "des traces [de cette période] qui ne sont pas encore accessibles à la conscience aujourd'hui, parce qu'on est complètement en train de le vivre".

D'après les premiers constats de cette étude, qui n'est pas encore achevée, la pandémie et le confinement ont "deux effets contradictoires" sur le sommeil. "Il y a à peu près 50% des gens qui ont répondu à l'enquête qui ont dit dormir plus depuis le début du confinement". Mais il y a aussi "beaucoup de participants" qui ont "plus de mal à s'endormir ou se réveiller plus la nuit."

Concernant les rêves, d'après les résultats préliminaires, environ 15% des participants ont affirmé faire des rêves "plus négatifs", quand "5%" en "font des plus positifs".

Il semblerait qu'il y ait un phénomène cathartique et un phénomène de compensation, qui permettrait de mieux résister à ce que l'on est en train de vivre actuellement (…) ce que l'on ne peut pas faire, on le fait en rêve. Perrine Ruby, chercheuseà franceinfo

Ces deux phénomènes "sont tout à fait intéressants" car ils vont dans le sens de l'hypothèse le rêve est impliqué "dans la régulation émotionnelle (…) ça veut dire que le cerveau traite l'information, en fait quelque chose et nous permet de la surmonter".

L'étude, toujours en cours, a besoin de plus de participants "en particulier des hommes dans l'est de la France", zone très touchée par le virus.

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