"La joie de rejouer prime sur l'anxiété" : avec l'Open de Palerme en Italie, la saison de tennis féminin reprend malgré un protocole sanitaire contraignant

La joueuse française Fiona Ferro, le 22 janvier 2020 à Melbourne en Australie. 
La joueuse française Fiona Ferro, le 22 janvier 2020 à Melbourne en Australie.  (ROMAN PILIPEY / EPA)

Après cinq mois d'interruption, le tennis professionnel veut montrer que la saison peut se poursuivre malgré le coronavirus, mais pas sans contraintes. À Palerme, le tournoi féminin WTA permet de tester de nouveaux protocoles sanitaires.

Alors que les gros tournois de tennis, comme l'US Open ou le tournoi de Madrid en septembre, ne sont pas encore certains de pouvoir se tenir, la saison féminine a repris depuis ce premier août 2020, en Sicile. Le modeste tournoi de Palerme essuie les plâtres d'un nouveau protocole. Il n'accueille pas les leaders du classement mondial comme l'Australienne Ashleigh Barty ou la roumaine Simona Halep mais des joueuses à partir de la quinzième place dans des conditions sanitaires strictes.

Les joueuses ont dû arriver à Palerme avec trois jours d'avance et passer deux tests Covid-19. Fiona Ferro est l'une des deux Françaises engagées sur le tournoi sicilien. "On a dû attendre 24 heures dans notre chambre d'hôtel les résultats du test, raconte-t-elle. Et seulement quand on a su qu'ils étaient négatifs, on a pu aller s'entraîner au club." Une joueuse testée positive a déclaré forfait, mais pas de quoi entamer l'enthousiasme des participantes, même si leur vie cette semaine se cantonne à l'hôtel et au site de la compétition avec des contacts limités entre elles.

Moins de juges et moins de ramasseurs de balle

L'adaptation est plutôt facile pour la Belge Elise Mertens, 23e mondiale. "C'est assez sûr. On doit porter un masque dès qu'on sort de la chambre, à l'hôtel ou au club, se laver les mains régulièrement. Finalement, c'est ce que l'on fait depuis cinq mois", résume Elise Mertens. Avec tout de même quelques couacs au démarrage comme le confie Fiona Ferro : "Il y avait quelques problèmes d'organisation les premiers jours. Il n'y avait pas forcément de nourriture à l'hôtel. Donc on est sorti quand même pour aller au supermarché."

Sur le court, tout est revu à la baisse. Cinq juges de ligne au lieu de onze. Trois ramasseurs de balles au lieu de six. Fiona Ferro, 53e mondiale, a observé cette nouvelle ambiance : "Il faudra juste aller à la serviette moins souvent, puisque les ramasseurs ne l'amènent pas. Normalement, dans les tournois WTA, les coachs sont autorisés à venir une fois par set sur le court. Là, ils ne peuvent pas venir. Par contre, ils peuvent nous donner des conseils depuis leur banc." Selon Fiona Ferro, les mesures ne sont pas trop contraignantes : "C'est plutôt la joie de rejouer qui prime sur l'anxiété."

La nombre de spectateurs divisé par trois 

L'Open de Palerme va également se jouer devant trois fois moins de spectateurs et avec une prime réduite de 18%. Mais pour Jean-François Caujolle, qui organise les tournois de tennis de Lyon et de Marseille, l'important est ailleurs : "Ce qui est important, c'est en effet que ça redémarre. J'ai vu qu'il y avait eu une polémique parce que les joueuses étaient mélangées à des touristes. Mais des gens, il y en a partout, et ils se mélangent, continue-t-il. Donc je crois qu'il faut vivre avec. En maintenant la distanciation et en maintenant, certains gestes barrières, je crois que la vie doit reprendre. Et à l'intérieur de la vie, le tennis doit reprendre aussi", conclut Jean-françois Caujolle.

Deux autres tournois à Prague doivent avoir lieu la semaine prochaine, puis Lexington aux États-Unis servira encore de test avant les grands rendez vous de Cincinnati et l'US Open.

Tennis et protocole sanitaire : écoutez le reportage de Stéphanie Mora
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