"L'hôpital juste à côté demandait 250 masques alors j'ai pris la commande" : Roméo, 14 ans, fabrique des masques chez lui

 La \"fabrique\" a été installée dans la chambre du petit frère de Roméo car son beau-père, Christophe, professeur, donne des cours en visio conférence toute la journée dans sa chambre. 
La "fabrique" a été installée dans la chambre du petit frère de Roméo car son beau-père, Christophe, professeur, donne des cours en visio conférence toute la journée dans sa chambre.  (SOPHIE DELPONT / RADIOFRANCE)

Cet adolescent du 13e arrondissement de Paris fabrique des masques de protection contre le coronavirus chez lui grâce à des imprimantes 3D, pour les donner aux soignants.

Trois imprimantes 3D tournent à plein régime dans sa petite chambre. "Je suis passionné d'imprimantes 3D depuis la sixième, explique Roméo, aujourd'hui en troisième. Au début ma mère ne voulait pas trop que j'en ai une parce qu'elle ne savait pas à quoi ça pouvait me servir, maintenant elle a changé d'avis." Roméo a produit son premier masque de protection début avril. Depuis, son atelier tourne en continu de 8 h à 22 h pour créer les pièces 3D, des sortes de serre-tête qui permettent de maintenir une visière transparente en plastique, qu'il reste ensuite à assembler.

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Roméo a eu l'idée de fabriquer des masques en naviguant sur internet. "Il y a une personne qui a monté une plateforme pour mettre en relation ceux qui ont besoin de masques et ceux qui les fabriquent. J'ai vu que l'hôpital des Peupliers, juste à côté, demandait 250 masques alors j'ai pris la commande", résume l'adolescent de 14 ans. Il livre tous les jours ses masques à l’hôpital des Peupliers, dans le 13e arrondissement de Paris.

60 masques par jour

Il ne faut que 30 minutes à Roméo pour fabriquer trois masques. Un peu plus d'une semaine après avoir commencé, il en a déjà produit près de 200 avec l'aide de sa mère. "Vu l'accueil qu'on a eu à l'hôpital, on a senti qu'ils avaient besoin de ces masques de façon urgente. La grande question a été de trouver comment multiplier l'impression", explique, admirative, Julie, la mère de Roméo. Elle s'est alors souvenu que le collège de son fils disposait d’une imprimante 3D et l’a récupérée. La troisième imprimante 3D est celle d'un camarade de classe. Plusieurs amis de Roméo se sont d'ailleurs, à leur tour, mis à fabriquer des masques chez eux. 

Roméo et sa mère, Julie, en train d\'assembler des masques. 
Roméo et sa mère, Julie, en train d'assembler des masques.  (SOPHIE DELPONT / RADIOFRANCE)

Des soignants très touchés 

Chaque jour, à la mi-journée, Roméo livre une vingtaine de masques à l’hôpital des Peupliers. "Quand on a reçu les premiers masques, on s'est dit 'c'est génial' et puis quand on a vu la personne qui nous les fabriquait, c'était encore plus étonnant", relate Ghizlane Ed Dkhaissi, en charge de l’unité de soins Covid à l'hôpital des Peupliers. "C'est très émouvant qu'il soit investi comme cela à son âge", poursuit la soignante.

Épaulé par sa mère et son beau-père, Roméo espère encore accroître la production. Équiper les soignants reste sa priorité mais il compte bien aussi en apporter aux Ehpad, aux médecins généralistes et aux employés des supermarchés, situés dans un rayon de moins d’un kilomètre de chez lui. Une cagnotte en ligne est accessible pour aider Roméo à acheter du matériel et augmenter encore sa production. Il reçoit notamment des matières premières livrées gratuitement par la startup lilloise Dagoma et par United 3D Makers.

Les trois imprimantes 3D permettent de produire six masques par heure. 
Les trois imprimantes 3D permettent de produire six masques par heure.  (SOPHIE DELPONT / RADIOFRANCE)

Un ado se met à la fabrication de masques - Ecoutez le reportage de Sophie Delpont
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