"Je vais porter un masque sur la touche, ce n’est pas un gros problème" : le pari risqué du football allemand, dont le championnat reprend

La place du Vieux Marché à Dortmund (Allemagne) accueille habituellement près de 800 supporters les soirs de match.
La place du Vieux Marché à Dortmund (Allemagne) accueille habituellement près de 800 supporters les soirs de match. (JEAN-PIERRE BLIMO / RADIO FRANCE)

Le foot reprend ses droits en Allemagne ce week-end. Coronavirus oblige, tout se jouera à huis-clos et des mesures drastiques ont été prises.

En Allemagne, c'est samedi 16 mai la très attendue reprise de la saison de football, qui s’était arrêtée le 8 mars dernier. Depuis, la Bundesliga a mis tout en œuvre pour réussir son pari, malgré la menace toujours présente du virus, à commencer par décréter un huis-clos général. Le championnat allemand est le premier des grands championnat européens à redémarrer, alors qu’en Belgique et en France, la saison est terminée prématurément. 

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À Dortmund, Uli regardera le derby contre Schalke à la télévision, un mal nécessaire pour ce supporter de longue date. "Cest une grande catastrophe, mais on verra bien ce que cela donne à la télé. Si la qualité du match sera aussi bonne, ce que je ne crois pas."

Pour les joueurs ce sera un problème, pour moi aussi, mais il n’y a pas d’autre alternative. Uli, un supporter de Dortmundà franceinfo

Le huis clos dans les stades n’est pas la seule des mesures drastiques que la Bundesliga a décrété. Tests à répétition, règles strictes dans les stades, jusque dans la vie quotidienne des joueurs et de leurs entraîneurs. Sur le terrain, les joueurs seront dispensés de masque, mais tous ceux qui ne jouent pas devront en porter un, des coulisses du stade jusque sur le banc de touche.

Les joueurs ne sont pas obligés de jouer

Un ensemble de mesures jamais vues, mais plutôt bien acceptées par l’entraîneur de Dortmund, Lucien Favre. "Cette situation est un énorme défi, pour tous les entraîneurs et toutes les équipes, nous le savons, mais c’est notre travail, dit-il. Je vais porter un masque sur la touche, ce n’est pas un gros problème. Il est évident que ce serait mieux sans."

Les clubs n’obligeront pas leurs joueurs à participer aux matches s’ils ne sentent pas en sécurité, l’entraîneur de Schalke David Wagner l’a rappelé cette semaine : "Chacun sait qu’il peut s’ouvrir et en parler. C’est humain et normal, même en cas de refus de jouer, le joueur sera le bienvenu et continuera à faire partie de l’équipe, même si pour le moment, il ne veut pas s’entraîner ou jouer."

Les cafés ouverts pour accueillir les supporters, mais en petit comité

À Dortmund, les cafés restaurants sont ouverts, mais avec des mesures sanitaires à respecter. Sur la place du Vieux Marché où se rassemblent habituellement près de 800 supporters les soirs de match, le patron d’un restaurant très fréquenté devra se contenter d’accueillir 50 personnes, mais il reste philosophe : "Vous savez, on essaye de s’adapter et de faire ce qui est possible, en fonction de la réalité. Quand on a vu que la pandémie reculait, on a été contents, mais aujourd’hui c’est un mélange entre une certaine joie et le respect que l’on doit garder par rapport à cette situation."

Sur cette place très populaire de Dortmund, les terrasses ont beau avoir été déployées, il n’y aura pas de place pour tous. Le défi sera aussi d’éviter les rassemblements près du match, car la Bundesliga a laissé le soin à la police de gérer les abords des stades.

La Bundesliga reprend en Allemagne. Un reportage de Jean-Pierre Blimo pour franceinfo.
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