"Je ne sais pas comment certains joueurs vont s’en sortir" : après la crise du coronavirus, l'extrême précarité des sans-grades du tennis professionnel

Un court de tennis vide, le 3 mai 2020.
Un court de tennis vide, le 3 mai 2020. (FRANK MOLTER / DPA)

Depuis que le tennis a été mis sous cloche le 9 mars à cause du coronavirus, les joueurs français classés au-delà de la 100e place mondiale n’ont plus aucune source de revenus. Lundi, la Fédération française de tennis a dévoilé un plan de soutien pour leur venir en aide.

On les appelle communément les galériens du tennis, les sans-grades ou les joueurs de l’ombre. Certains, les plus jeunes, représentent l’avenir ; d’autres, plus âgés, s’accrochent pour tenter encore de se faire une place dans un milieu impitoyable et de gagner leur vie. Lundi 25 mai, la Fédération française de tennis a dévoilé un plan de soutien de 35 millions d’euros pour venir en aide à tous les acteurs du tennis français, fragilisés par la crise sanitaire du coronavirus Covid-19 et le confinement.

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Un peu plus de trois millions d’euros seront destinés particulièrement aux joueurs français classés au-delà de la 100e place mondiale qui n’ont plus aucune source de revenus depuis que le tennis a été mis sous cloche le 9 mars. Une bouffée d’oxygène pour ces "anonymes" du circuit professionnel qui en temps normal et avant la crise sanitaire avait déjà beaucoup de mal à vivre de leur métier. C’est le constat d’Alexandre Müller, 23 ans, classé 247e mondial.

On vit bien du tennis à partir du Top 100, Top 150. Mais au-delà de la 150e place mondiale, c’est compliqué de vivre du tennis...Alexandre Müllerà franceinfo

Et même survivre car ces joueurs-là écument essentiellement des tournois Challengers ou Futures. C’est là la face cachée du haut niveau. "Avec les frais que nous avons pour voyager, payer la structure, les voyages, l’hôtel, la nourriture, c’est dur de sortir de l’argent en positif", explique Alexandre Müller.

"Il y a des semaines où on perd de l’argent"

Des joueurs condamnés à s’illustrer dans ces tournois de 2e et 3e catégorie pour gagner un peu d’argent parce que dans le cas contraire, il ne franchissent pas le seuil de rentabilité. "Il y a des semaines où on perd de l’argent, explique Tristan Lamazine, 27 ans, 265e mondial. Si tu fais le premier tour, le deuxième tour, le troisième tour, tu es déficitaire, c’est clair. Et de beaucoup." 

La crise sanitaire n’a rien arrangé financièrement et elle a clairement mis l’accent sur l’extrême précarité des joueurs les plus modestes privés de revenus depuis deux mois. "C’est important d’en parler et que les choses bougent, insiste Tristan Lamazine. Parce qu’aujourd’hui, quand il n’y a plus de circuit, c’est la grosse galère, je ne sais pas comment certains joueurs vont s’en sortir…

Alexandre Müller, lui, va même plus loin : "J’ai plusieurs connaissances qui pensent à arrêter le tennis. Ils sont en niveau Future et ça devient extrêmement compliqué financièrement de continuer le tennis." Par pudeur, ces joueurs-là ne souhaitent pas s’exprimer publiquement mais ils confirment qu’en cas de saison blanche, ils devront mettre un terme à leur carrière qui pour certain s’annonçait pourtant prometteuse.

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