Hôpitaux, grandes surfaces, écoles... Ces chiffres qui montrent que les femmes sont en première ligne face au coronavirus

Une caissière dans un magasin alimentaire à Paris, le 8 avril 2020.
Une caissière dans un magasin alimentaire à Paris, le 8 avril 2020. (THOMAS SAMSON / AFP)

Selon la secrétaire d’État chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes, les Français en première ligne de la crise sanitaire sont majoritairement des femmes.

"Il est temps de revaloriser, y compris financièrement, les métiers féminisés", a déclaré Marlène Schiappa jeudi 14 mai sur RTL. De quels postes la secrétaire d’État chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes parle-t-elle ? Les professeurs, les vendeurs ou encore les agents d’entretien reprennent petit à petit leur travail à la suite du déconfinement et de la réouverture des écoles. Ils rejoignent ceux qui n’ont jamais stoppé leur activité professionnelle : les personnels soignants, mais également les hôtesses de caisse et les aides à domicile. Tour d’horizon de ces métiers principalement exercés par des femmes.

Près de neuf infirmiers ou aides-soignants sur dix sont des femmes

Bien que les femmes représentent encore moins de 50% des médecins en France (45,8%), selon le ministère de la Santé, les métiers de la santé les plus en contacts avec les patients hospitalisés sont eux majoritairement féminins. Selon l’Insee, 88,2% des aides-soignants sont des femmes, tout comme 86,6% des infirmiers selon le ministère de la Santé. Ces deux postes représentent, à eux seuls, plus d’un million de salariées. Des étudiants sont par ailleurs venus en renfort dans les hôpitaux. Ce sont pour la plupart des femmes. En 2019, elles représentaient 58,2% des candidats aux épreuves classantes nationales, l’examen d’entrée en internat, selon le Centre national de gestion.

Dans les Ehpad, très touchés par le Covid-19, la proportion de femmes parmi le personnel est grande : en 2015, 89% du personnel d’encadrement étaient des femmes, selon la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees). Cela prend en compte les cadres infirmiers, paramédicaux ou socio-éducatifs. Même constat pour le personnel de direction (84,5% de femmes) et le personnel pédagogique, éducatif et social (92,6% de femmes). 

Près de neuf caissiers sur dix sont des femmes

La réouverture progressive des commerces depuis lundi 11 mai a contraint de nombreux salariés à reprendre leurs activités. Les vendeurs sont désormais directement en contact avec le public. Un métier exercé par 838 000 femmes, soit 70,3% des professionnels, d’après l’Insee. Les hôtesses de caisse, un métier essentiellement féminin à 87,8%, sont toujours très mobilisées depuis le début de la pandémie. Elles sont 152 700 à exercer cette fonction.

Pendant le confinement, de nombreuses aides à domicile ont également dû continuer à travailler pour s’occuper des plus fragiles. Par la suite, l’annonce du déconfinement a fait reprendre d’autres salariées, comme les assistantes maternelles par exemple. L’ensemble du personnel des services directs aux particuliers est à 84,5% composé de femmes, selon l’Insee. Les employés de maison, à eux seuls, sont à 95,4% des femmes, soit plus de 153 600 personnes.

Près de deux enseignants sur trois sont des femmes

Les établissements scolaires ont rouvert sur le territoire français depuis lundi 11 mai. Les professeurs des écoles, auparavant en télétravail, se retrouvent maintenant en contact direct avec les enfants. Les enseignantes du premier et du second degré, établissements privés et publics confondus, représentent 70,8% de la profession selon le dernier rapport du ministère de l'Education sur l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes. Sur près de 900 000 professeurs, 637 000 sont donc des femmes. Le personnel scolaire est également très féminin avec 95,5% de femmes parmi le personnel social et de santé des établissements scolaires. Ces professionnels sont essentiels au bon fonctionnement d’une école. Certains d’entre eux ont donc repris le travail cette semaine.

Marlène Schiappa souhaite donc la "revalorisation des femmes au front". Cette situation s’inscrit dans un contexte où les femmes sont, en France, moins payées que les hommes pour un poste équivalent, d'après les données de l'Insee. La lutte contre ces inégalités salariales est déjà inscrite dans les priorités du secrétariat d’État chargé de l’égalité entre les femmes et les hommes. Pour l’ensemble des travailleurs en première ligne, notamment les soignants mobilisés, le gouvernement réfléchit à plusieurs gestes de reconnaissance. Une décision a été prise pour les agents du système de santé publique avec le décret du 14 mai. Il prévoit notamment une prime de 500 à 1 500 euros.

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