Français du monde. L’Italie plus que jamais ravagée par le Covid-19

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Avec un record de 800 morts en 24 heures, la spirale macabre se poursuit en Italie, notamment dans le nord du pays, où les appels se multiplient pour renforcer encore les mesures prises afin d'endiguer la pandémie de coronavirus. Témoignage d'un Français de Milan. 

 En Lombardie, épicentre de l'épidémie de Covid-19, et région la plus touchée dans le nord de la péninsule italienne, les hôpitaux sont débordés, et on n'a même plus de place pour enterrer les morts, observe Antoine Ninu, assureur à Milan :

"Ils sont isolés et malheureusement les familles ne peuvent pas les approcher. Il n'y a pas de sépulture. Quelques prêtres courageux essaient d'aider un peu. Les corps sont transportés de nuit par des camions militaires à l'extérieur de Milan, parce qu'il n'y a plus de place ici." 

L'Italie compte ses morts, avec chaque jour de nouveaux records

Les appels se multiplient dans le pays pour renforcer encore les mesures de confinement imposées aux 60 millions d'Italiens depuis bientôt deux semaines, mesures reconduites jusqu'à début avril au moins.

Une rue déserte proche de la gare de Milan
Une rue déserte proche de la gare de Milan (Ninu)

La société d'assurance que dirige Antoine Ninu emploie 40 personnes à Milan et à Rome. Son activité est considérée comme essentielle mais seul, un tiers de ses salariés est présent au bureau :

"Ils n'ont pas le droit d'utiliser les transports publics, ils viennent en voiture on en auto partage. On leur a donné un bon d'essence de 100 euros, renouvelable. On a aussi mis à leur disposition des garages. Ils mangent au bureau." 

Né en Corse, Antoine Ninu vit depuis 30 ans en Italie

Depuis quelques jours, il constate un relâchement des habitants dans l'application des mesures anti-coronavirus : "Ça fait un peu plus d'une semaine que les personnes sont confinées, et on voit un peu de lassitude, des personnes qui s'éloignent un peu ou qui traînent. La police municipale passe dans les rues de Milan avec des haut-parleurs pour inciter les habitants à rester chez eux. Mais quelqu'un a été contrôlé en train de prendre un café à 90 kilomètres de chez lui. Les amendes ont commencé à pleuvoir."

Piazzale Lotto, dans le nord-ouest de Milan, vide comme le reste de la ville
Piazzale Lotto, dans le nord-ouest de Milan, vide comme le reste de la ville (Ninu)

La solidarité joue à fond

200 000 contrôles sont désormais effectués chaque jour en Italie, avec jusqu'à 10.000 amendes à la clé pour les récalcitrants. Comme à Nice, plusieurs communes utilisent des drones pour repérer les promeneurs ou détecter d'éventuels regroupements. Le gouvernement envisage un recours à l'armée pour faire appliquer ces mesures de restriction aux déplacements. Mais la solidarité joue à fond également :

"Dans les anciens bâtiments désaffectés de la foire de Milan, on a installé un hôpital de 400 places avec 1.200 soignants, uniquement grâce à des fonds privés, en dehors du code des appels de marché lancés par les régions ou le ministère. L'argent y va directement." 

Le nouvel hôpital devrait être opérationnel dès la semaine prochaine. Les hôtels alentour seront réquisitionnés pour héberger les infirmières ou les médecins qui arrivent d'un peu partout.

Le restaurant Ribot, Via Domede, à Milan, vidé de ses clients
Le restaurant Ribot, Via Domede, à Milan, vidé de ses clients (Ninu)

Un nouveau choc pour l'économie italienne

Nul ne sait quand l'activité pourra reprendre normalement en Lombardie, poumon économique de l'Italie. Le tourisme, qui représente 11% du PIB italien, est anéanti. Hôtels vides, restaurants fermés, locations estivales annulées : tout espoir de rebond est reporté à l’automne. Pour Antoine Ninu, l'été pourrait déjà être mis à profit :

"Août est un mois creux en Italie, beaucoup de sociétés sont fermées. Nous allons discuter avec mes clients pour que le mois d'août soit totalement ouvert et qu'on essaie de rattraper cette période creuse pour l'activité des entreprises." 

Cette pandémie est donc un nouveau choc pour une économie italienne qui n’avait même pas retrouvé son niveau d’avant la crise de 2008.  

Lui écrire : antoine.ninu@s2cspa.it      

La piazza Duomo vide dans le centre de Milan. \"C’est comme un couvre-feu, vous ne pouvez pas aller au restaurant, prendre un verre avec un ami dans un bar\"  
La piazza Duomo vide dans le centre de Milan. "C’est comme un couvre-feu, vous ne pouvez pas aller au restaurant, prendre un verre avec un ami dans un bar"   (Bézardin)

Aller plus loin 

Sa société, S2C, compagnie d'assurance, de crédit et caution 

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