Français du monde. En Chine, on pense déjà au monde d'après

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À Shanghai, le français Thomas Chabrières propose des tours de ville à bord d'antiques Land Rover. Depuis début janvier, ses réservations se sont écroulées. Et grâce à la nouvelle thématique plus "joyeuse" qu'il a donnée à ses visites, ses affaires redécollent doucement.

Thomas Chabrières a retrouvé le sourire. Il vient de signer ses tout premiers clients post-Covid, un groupe d'Australiens expatriés à Shanghai. Le Français propose des visites de la ville, à bord de vieux Land Rover au look rétro. Et si ses affaires reprennent tout doucement, c'est que Thomas Chabrières a totalement revu le contenu de ses tours :

"Traditionnellement, notre offre était tournée vers l'histoire, la culture, des choses assez sérieuses. Et là, on essaie de mettre en place une offre plus divertissante pour aider les gens à sortir de cette période pas drôle. On lance un tour de Shanghai autour des lieux de films très connus : 'Mission impossible', 'L'Empire du soleil levant', etc. L'idée, c'est qu'on va prendre la même photo de vous avec des accessoires dans le même angle, la même position, et on va vous raconter des anecdotes autour du tournage." 

Vue du quartier d\'affaires de Shanghai, capitale économique de la Chine..
Vue du quartier d'affaires de Shanghai, capitale économique de la Chine.. (VINCENT ISORE / MAXPPP)

La première visite en Chine du Français remonte à 1999, d'abord à Pékin

En 2005, il s'installe à Shanghai, où il travaille pour de grands groupes dans la pub avant de tout lâcher trois ans plus tard pour ses tours de ville, d'abord en side-car et maintenant en 4x4 cabriolet. Et si son chiffre d'affaires est bien loin de ce qu'il était, ces premières inscriptions depuis janvier lui mettent du baume au cœur :

"Avant la crise, à Shanghai, on chatouillait les 4 000 passagers dans l'année. On en est à des années-lumières. Aujourd'hui, on revient au tout début de notre entreprise. C'est comme si on était à un lancement où à chaque euro qui rentre, on a envie d'acheter une bouteille de champagne, parce que c'est un euro qu'on n'avait pas la semaine d'avant."

Thomas chabrières en Chine: \"Avant la crise, on chatouillait les 4 000 passagers dans l\'année. On en est à des années-lumières\" 
Thomas chabrières en Chine: "Avant la crise, on chatouillait les 4 000 passagers dans l'année. On en est à des années-lumières"  (MATHIAS GUILLIN)

Un couteau entre les dents

Par chance, le Français n'avait pas une grosse structure à Shanghai. Les guides sont payés à la visite. Thomas Chabrières repart donc en mode startup :

"On a rendu nos bureaux, on s'est complètement dématérialisé. On a essayé de se rapprocher du coût zéro, au maximum, parce qu'on est une petite entreprise, donc on n'a pas beaucoup de trésorerie. Et on repart avec un couteau entre les dents pour remonter la pente." 

Pour regagner la confiance de ses clients, qu'ils soient locaux ou expatriés à Shanghai, le Français va jouer la carte hygiène et propreté : "On va mettre en avant le côté nettoyage des véhicules, avoir du gel pour les passagers, des gants et des masques à disposition, pour vraiment rassurer sur le côté hyper sécurisé de l'expérience." 

Des passants portant des masques de protection dans une station de métro à Shanghaï (Chine), le 13 février 2020.
Des passants portant des masques de protection dans une station de métro à Shanghaï (Chine), le 13 février 2020. (ALY SONG / REUTERS)

Né en Provence, dans une famille d'anciens soyeux de Lyon, à 40 ans, le jeune homme est plutôt confiant : "Il y a des opportunités parce que, hélas pour eux, tant mieux pour nous, il y a beaucoup d'acteurs du tourisme local à Shanghai qui ont mis la clé sous le paillasson et qui ne vont pas repartir.

Il faut juste qu'on tienne bon jusqu'à ce que la reprise soit vraiment là. Je n'ai pas d'inquiétude par rapport à l'avenir à moyen et long terme."  Le Français parie sur un redémarrage sérieux de ses activités après cet été.           

Lui écrire: thomas@insidersexperience.com 

Thomas Chabrières (à droite) en Chine: \"C\'est comme si on était à un lancement où à chaque euro qui rentre, on a envie d\'acheter une bouteille de champagne\" 
Thomas Chabrières (à droite) en Chine: "C'est comme si on était à un lancement où à chaque euro qui rentre, on a envie d'acheter une bouteille de champagne"  (MATHIAS GUILLIN)

Aller plus loin

Sa société à Shanghai Insiders Experience

Retrouvez cette chronique sur le site, l'appli, et dans le magazine de la mobilité internationale "Français à l'étranger.fr"

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