Fermetures de lieux publics en Italie face au coronavirus Covid-19 : un médecin infectiologue dénonce une "sur-réaction"

La ville de Codogno où un premier foyer d\'infection a été identifié. 
La ville de Codogno où un premier foyer d'infection a été identifié.  (MAURIZIO MAULE / MAXPPP)

Selon Alexandre Bleibtreu, médecin infectiologue au service de maladies infectieuses de la Pitié-Salpêtrière à Paris, les autorités italiennes n'ont pas bien identifié les porteurs potentiels du virus. 

Après la mort d'un patient atteint du coronavirus Covid-19 en Italie, le pays a décidé de fermer des lieux publics dans une dizaine de petites villes. Selon le docteur Alexandre Bleibtreu, médecin infectiologue au service de maladies infectieuses de la Pitié-Salpêtrière à Paris, ces fermetures sont "une sur-réaction". D'après le médecin interrogé sur franceinfo samedi 22 février, ces mesures montrent "surtout que le cas index, celui qui est revenu de Chine, est passé entre les mailles d'un premier screening (phase de détection du virus, ndlr)".

Même si la France "a extrêmement bien réagi" face au virus, notre pays "n'est pas à l'abri, comme en Italie, de patients infectés qui ne sentiraient pas de symptômes, qui ne se déclareraient pas et qui entraineraient des chaînes de transmissions locales", a poursuivi le docteur Alexandre Bleibtreu. 

Mesure prise trop tard

Les mesures prises en Italie sont "une sur-réaction face à un cas de contamination inattendu et diagnostiqué trop tard", développe Alexandre Bleibtreu. Selon le médecin, la détection des potentiels porteurs du virus n'a pas suffisamment bien fonctionné dans la Péninsule. Par ailleurs, "la fermeture des lieux publics a une efficacité limitée quand la mesure est prise trop tard et qu'il y a déjà des chaînes de transmissions locales", souligne-t-il.

Le docteur Bleibtreu souhaite enfin "remettre les choses dans leur contexte" concernant la dangerosité du coronavirus : "Cette épidémie de coronavirus, certes elle se diffuse, mais elle est d'une gravité modérée puisqu'on a un taux de mortalité relativement faible de 2% et essentiellement chez des personnes âgées ou qui ont des pathologies chroniques ou sous-jacentes."

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