Fabrication des respirateurs : "On ne compte pas les heures, les équipes sont mobilisées six jours sur sept", assure Air Liquide

Des respirateurs artificiels au centre hospitalier Métropole Savoie, à Chambéry (Savoie), le 26 mars 2020. 
Des respirateurs artificiels au centre hospitalier Métropole Savoie, à Chambéry (Savoie), le 26 mars 2020.  (VINCENT ISORE / MAXPPP)

Un consortium d'industriels français dont fait partie Air Liquide a pour objectif de produire 10 000 respirateurs artificiels, appareils indispensables à la prise en charge des patients les plus gravement atteint par le Covid-19, d'ici un mois et demi.  

Mobilisation générale pour produire davantage de respirateurs, un appareil indispensable dans les services de réanimation. Air Liquide, le seul fabricant français, s’allie à trois géants de l’industrie : le constructeur automobile PSA, l’équipementier Valéo et le spécialiste des composants électriques Schneider electric au sein d'un consortium industriel inédit."On ne compte pas les heures. Les équipes sont mobilisées six jours sur sept", assure la vice-présidente d'Air Liquide Activités Santé Monde, Diana Schillag, invitée de franceinfo, mercredi 1er avril. L'objectif du consortium est de produire 10 000 respirateurs dans les 50 jours qui viennent.

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franceinfo. C'est la première fois qu'un tel consortium voit le jour ?

Oui, absolument. C'est un consortium inédit. À la demande du gouvernement, nous avons pu fédérer Valeo, Schneider, PSA, pour relever ce défi formidable. Cela fait que nous sommes complètement mobilisés pour répondre à cet enjeu majeur d'apporter aux équipes soignantes qui font un travail exceptionnel ces respirateurs de réanimation qui sauvent des vies.

En temps normal, on produit une centaine de respirateurs de réanimation par mois. Avant cette demande de consortium, nous avions déjà doublé, voire même triplé ce mois-ci, nos capacités de production. Suite à cette demande du gouvernement, nous relevons ensemble un enjeu supplémentaire qui est de sécuriser les composants - c'était le plus important. Il faut savoir qu'un respirateur est un équipement médical avec plus de 300 composants fournis par plus de 100 fournisseurs et donc c'est un enjeu très important. Il y a des grands groupes, mais aussi des PME, des petites et moyennes entreprises françaises et européennes qui nous aident énormément à relever ce défi.

Ensuite, le deuxième défi, c'est la réorganisation des ateliers de production. Nous allons rajouter encore trois lignes de production supplémentaires sur notre site à Antony. Et puis, le troisième enjeu, c'est l'implication des ressources supplémentaires parce qu'il faut assembler les respirateurs. C'est un travail manuel et donc nous avons mobilisé grâce à ce consortium au total 240 opérateurs supplémentaires. Il y en aura 55 sur le site de PSA à Poissy qui vont nous faire un pré-assemblage. Et puis 185 opérateurs chez nous, chez Air Liquide Medical Systems, à Antony.

Allez-vous augmenter les cadences de production ?

Oui, absolument. Nous avons déjà triplé notre capacité de production. Nous allons sortir dès à présent plusieurs centaines de respirateurs de réanimation par semaine au mois d'avril, et à partir de la mi-avril plus de 1 000 par semaine. Et pour être tout à fait honnête, on ne compte pas les heures. Les équipes sont mobilisées six jours sur sept. C'est un vrai défi humain, en plus d'être un défi industriel.

Ferez-vous davantage de bénéfices sur cette commande ?

On a décidé de mettre à disposition ces respirateurs à prix coûtant. Ça veut dire que tous ces frais supplémentaires, les investissements supplémentaires, l'engagement de toute cette équipe d'experts sur les respirateurs, mais aussi de nos partenaires, tout cela, tous ces coûts exceptionnels y seront mis à disposition gratuitement.

Aujourd'hui, notre enjeu, c'est de répondre à ce besoin de respirateurs supplémentaires. C'est ça qui fait venir nos collaborateurs au travail tous les jours, c'est de pouvoir donner un respirateur à chaque patient qui en a besoin.

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