#EtAprès. Quel avenir pour le sport ? Pour Michaël Jeremiasz, le sport amateur doit être la véritable priorité

Michaël Jeremiasz lors d\'une conférence de presse à la Plagne (Savoie), le 12 décembre 2016 (photo d\'illustration).
Michaël Jeremiasz lors d'une conférence de presse à la Plagne (Savoie), le 12 décembre 2016 (photo d'illustration). (ARNAUD JOURNOIS / MAXPPP)

franceinfo prend du recul et interroge des acteurs majeurs du sport sur ce que la crise du coronavirus leur a enseigné, et la manière dont ils voient le sport dans la société d’après. Le quadruple médaillé paralympique voit le sport comme un vecteur de lien social et un moyen de transmettre des valeurs.

Michaël Jeremiasz est quadruple médaillé paralympique de tennis en fauteuil roulant et il était porte-drapeau aux Jeux de Rio de 2016. Il a mis un terme à sa carrière de compétiteur, mais il sera toujours un sportif engagé. Président de l’association Comme les autres ainsi qu’entrepreneur, la crise sanitaire que nous traversons l’a amené à se poser de nombreuses questions sur la place du sport, et d’abord à faire un constat : "En période de confinement, on a vu que c’était un sujet majeur, parce que c’est une source de bien être, un enjeu de santé. Il est plutôt réjouissant de voir que les Français ont été capables de se mobiliser, qu’il y a eu de plus en plus de solidarité autour de ce qu’on pouvait offrir au grand public comme activité, comme séance à la maison…"

Sauver le sport amateur

Et à l’avenir, c’est cette notion de "sport pour tous" qui va avoir besoin selon lui d’être la véritable priorité. "Je trouve qu’il y a un énorme décalage avec le sport de haut niveau, surtout de très haut niveau qui est quand même minoritaire par rapport à la pratique amateur et la pratique ordinaire, explique Michael Jeremiaz. On en parle beaucoup et il y a des polémiques, notamment dans le football."

Les enjeux financiers du sport professionnel sont très importants. Sauf qu’aujourd’hui, c’est le sport amateur, ce sont les associations ou les clubs qui sont dans une situation extrêmement précaire. C’est d’eux dont on doit se préoccuper plus que jamais.Michaël Jeremiasz

Alors comment s’en préoccuper davantage, ces réflexions peuvent se jouer sur différents terrains, y compris politiques : "Aujourd’hui, il faut concentrer l’essentiel de l’argent qu’on va investir justement dans les structures de sport amateur. D’abord, pour les sauver parce que c’est ici que se pratique le sport de tous les jours, pour monsieur et madame tout le monde, qui nous permet de créer du lien social et de prendre soin de nous."

Au-delà de la pratique sportive

"C’est quelque chose d’important, poursuit le médaillé paralympique, et dans les choix d’ailleurs d’un gouvernement, le budget du ministère des Sports, et la place que doit prendre ce ministère va bien au-delà de la pratique sportive." Pour lui, le sport est en lien avec le ministère de la Santé ou encore avec le ministère de l’Education nationale, "par rapport aux valeurs que le sport doit transmettre à la jeune génération et à la moins jeune".

"C’est quelque chose qui est majeur et transversal et qui, aujourd’hui, n’a pas la place qu’il devrait avoir", conclut Michaël Jéremiasz. Avec toujours en fil conducteur la volonté d’imaginer toutes les solutions pour que chacun puisse bouger le plus possible au quotidien.

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