Epidémie de coronavirus : "On est prêt à faire face à une situation qui se tendrait beaucoup plus"

Une infirmière porte un masque dans un couloir de l\'hôpital l\'Archet de Nice, le 26 février 2020. 
Une infirmière porte un masque dans un couloir de l'hôpital l'Archet de Nice, le 26 février 2020.  (SEBASTIEN NOGIER / EPA / MAXPPP)

Selon Frédéric Valletoux, le président de la Fédération hospitalière de France : "On a un appareil sanitaire prêt à faire face à cette montée du nombre de personnes infectées"

Le président de la Fédération hospitalière de France, Frédéric Valletoux, a estimé jeudi 27 février sur franceinfo que face à l'épidémie de coronavirus Covid-19, la réaction des autorités françaises était "adaptée" et que l'appareil hospitalier français était "prêt à faire face à une situation plus tendue qu'elle ne l'est aujourd'hui, et ce à travers tout le territoire".

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"On cherche le patient zéro. On peut imaginer des choses, simplement, on voit aussi qu'on a une réaction adaptée des autorités françaises et on a surtout un appareil hospitalier qui est prêt à faire face à une situation plus tendue qu'elle ne l'est aujourd'hui, et cela à travers tout le territoire", a expliqué Frédéric Valletoux, qui a rappelé que des "tests biologiques et des contrôles" étaient menés.

Déclenchement du "plan blanc"

Interrogé sur le déclenchement du plan blanc dans les hôpitaux de Creil et de Compiègne, Frédéric Valletoux a rappelé que ce dispositif était activé à chaque fois qu'il fallait faire face à une situation sanitaire particulière. "Ça a été activé lors des attentats du Bataclan, ça a été activé lorsqu'il y a de gros accidents ferroviaires ou routiers, qui nécessitent que tout d'un coup on mobilise des moyens supplémentaires".

"Le plan blanc permet de se mettre en organisation pour faire face à une crise immédiate, quand elle se déclare, a précisé le président de la Fédération hospitalière de France. Cela permet de faire revenir des professionnels au travail, bousculer les plannings de prise en charge, et de déprogrammer ce qui n'est pas urgent pour privilégier ce qui l'est".

On redécouvre à cette occasion la vertu de notre hôpital public.Frédéric Valletouxà franceinfo

Selon Frédéric Valletoux, l'épidémie de coronavirus permet de mettre en lumière les qualités de l'hôpital public français. "C'est la vertu de notre système qui fait qu'on a sur tout notre territoire des établissements de santé qui sont capables d'être pré-armés, programmés pour être prêts à accueillir en cas de crise, qui ont des capacités de répondre aux besoins", a-t-il expliqué.

"On a 38 CHU. Le gouvernement a depuis lundi mobilisé 70 hôpitaux supplémentaires, c'est donc 108 hôpitaux aujourd'hui - dont un par département - qui sont prêts à recevoir des patients qui auraient été infectés par le coronavirus. Ces patients peuvent être pris en charge par des professionnels qui sont formés, qui savent comment se protéger, qui ont le matériel pour le faire."

Le point qui toutefois pourrait interroger, c'est la question des effectifs.Frédéric Valletouxà franceinfo

Interrogé sur la capacité de l'hôpital public à gérer cette crise sur une longue durée, alors que les services d'urgences sont touchés depuis des mois par un mouvement de grève et demandent plus de moyens, Frédéric Valletoux a estimé que les hôpitaux français étaient prêts "à faire face à une situation qui se tendrait beaucoup plus".

"Pour l'instant, ce n'est pas la question qui est posée, car on n'est que sur quelques cas, mais aujourd'hui on sait par exemple qu'il y a 30% de médecins hospitaliers qui manquent à l'appel, dans le sens où des postes de médecins ne sont pas pourvus à l'hôpital, mais ça, ce n'est pas lié à la crise du coronavirus, c'est une situation permanente."

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