En Thaïlande, la pauvreté et les suicides augmentent depuis le début de l'épidémie

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !

Les mesures de confinement et la fermeture des frontières ont eu pour conséquence l’effondrement du secteur du tourisme, avec des conséquences économiques terribles.

Dans les grandes villes thaïlandaises, des milliers de familles, privées de tout revenu, dépendent désormais de l’aide alimentaire pour survivre. À Bangkok, tous les après-midis, de longues files de silhouettes masquées attendent dans une chaleur torride la distribution de nourriture : des sacs en plastique qui contiennent en général un paquet de chips ou un sachet de riz gluant, un peu d’eau, un carton de lait pour les familles.

Ce n'est pas grand-chose, mais de quoi tenir quelques heures, une journée, pour ces travailleurs jetés dans une extrême précarité, qui ont perdu leur travail. Ils étaient chauffeurs de taxi ou de tuktuk, ces petit véhicules ouverts à trois roues, vendeurs de fruits, personnel de nettoyage dans les hôtels ou encore musiciens comme Jay, un jeune guitariste : "Je travaillais à l’Hôtel Mystère. On vendait des tickets de bus, on servait du café, il y a avait plein de touristes français, anglais…C’était un endroit sympa ! Mais voilà, comme tout le monde, j’ai perdu mon travail. On en est réduits à mendier du riz. Le pire c’est pour les prostituées, on les voit beaucoup aux distributions, car elles n’ont plus un client, plus un sou."

Parmi les plus fragiles, on trouve aussi les travailleurs migrants, des milliers de Birmans, Cambodgiens, Laotiens, sans revenu et qui ne peuvent bénéficier d’aucune aide.

Le nombre de suicides en hausse

Une quarantaine de suicides directement liés à la situation économique a été enregistrée depuis le mois de mars. C’est une hausse significative selon les associations, alors même que le Covid-19 n’a fait en tout que 54 morts dans le pays. Parmi ceux qui ont mis fin à leurs jours, une jeune vendeuse de yaourts en porte à porte, qui ne pouvait plus nourrir ses deux enfants, un chauffeur de taxi qui venait de se voir refuser l’aide d’urgence de 120 euros aux plus pauvres.

Les services d’appel pour les personnes en situation de détresse psychologique sont saturés. Alors que les premières timides réouvertures ont eu lieu il y a quelques jours, beaucoup espèrent pouvoir retrouver un emploi dès que possible.

Vous êtes à nouveau en ligne