En Italie, des chefs de la mafia libérés grâce au coronavirus

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L’Italie a payé un très lourd tribut à la pandémie du coronavirus. Avec plus de 32 000 morts, elle est au troisième rang des pays les plus touchés. Mais ce drame a masqué une actualité judiciaire qui commence à sérieusement embarrasser les autorités : la libération de plusieurs chefs de la mafia. 

La pandémie a fait quelque heureux, en Italie. Certes, ce sont de vieux messieurs, souvent malades, mais quand même. Ils étaient en prison, à vie. Et tout à coup se sont retrouvés dehors, confinés chez eux. 373 mafieux et trafiquants de drogue ont été libérés, sur ordre de l’administration pénitentiaire, pour désengorger les prisons et limiter la propagation du virus. Sauf que parmi eux se trouvent des hommes puissants, qu’il a fallu des années pour arrêter et condamner : Francesco Bunora, 78 ans, est le chef de la Cosa Nostra, la mafia sicilienne ; Vincenzo Iannazzo, le patron de la N'drangheta calabraise ; Pasquale Zagaria, l’un des chefs de la Camorra napolitaine. Tous ont pu rentrer chez eux, avec un bracelet électronique  

La fureur et l'incompréhension des juges anti-mafia

Certains de ces hommes ont été condamnés pour des meurtres abominables. Ils étaient par ailleurs à l’isolement total pour éviter qu’ils ne continuent à diriger leurs réseaux depuis leurs cellules. Là, chez eux, ils peuvent reprendre les affaires, commanditer des vengeances et reconstituer leurs réseaux. Mais surtout, les juges qui les ont traqués se demandent bien ce qui a pu motiver l’administration pénitentiaire, puisque ces hommes à l’isolement total ne risquaient pas d’être contaminés. Le chef de l’Administration pénitentiaire a fini par démissionner devant le tollé.

C’est désormais le ministre de la Justice qui est sur la sellette. Devant la presse, il a expliqué que la police va aller les chercher et les ramener en prison. Mais on sait que ces hommes ont été en cavale pendant des années, et ne seront pas ravis de retourner à l’isolement. Le ministre dit aussi qu’il sera plus compliqué de libérer des chefs mafieux, maintenant que la pandémie est mieux contrôlée.

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