En Australie, les mesures sanitaires font peser un risque sur le financement des universités (entre autres)

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La pandémie de coronavirus pourrait coûter très cher aux universités australiennes. Car les frontières du pays étant fermées, elles n’accueillent plus d’étudiants étrangers, et ce manque à gagner pourrait dépasser les dix milliards d’euros d’ici à 2023.

L'Australie est, après les Etats-Unis et le Royaume-Uni, le troisième pays où les universités comptent le plus grand nombre d’étudiants étrangers : ils sont plus de 500 000 chaque année, et sur certains campus ils représentent même plus de la moitié des étudiants. Les universités australiennes, en faisant venir toujours plus d’étudiants étrangers, ont cherché à compenser le recul constant des financements publics. 

Depuis le début de la crise sanitaire, le gouvernement n’a rien fait pour ces étudiants étrangers. Au contraire, le Premier ministre Scott Morrison les a invités à rentrer chez eux. Mais pour beaucoup d’entre eux, ce n’était pas possible : Andrea, par exemple, est colombienne et cette situation la rend très amère : "On n'est pas pris en compte en tant qu'humains, on n'est qu'une statistique. Je trouve ca très frustrant."

Impact sur l'économie du pays

Une frustration partagée par des milliers d’autres étudiants, et qui pourrait finir par ternir l’image de l’Australie en tant qu'Eldorado des études. Et c’est en fait toute l’économie australienne qui en souffrirait puisque l’éducation est le quatrième produit d’exportation de l’Australie, après le fer, le charbon et le gaz naturel.

Les étudiants étrangers injectent chaque année 23 milliards d’euros dans l’économie, puisque bien sûr ils étudient, mais ils paient aussi des loyers, ils font des courses, ils vont boire des verres dans des bars et quand ils le peuvent, ils voyagent et contribuent donc à faire tourner l’industrie du tourisme. Mais ce sont les universités qui captent l’essentiel de cette manne.

Les étudiants étrangers contribuent à hauteur d’environ 26% des revenus des universités. Quand vous prenez tous les facteurs en compte, ils financent au total 240 000 emplois en Australie.

Gaby Ramia, professeur de politiques publiques à l'université de Sydney

Sans ces étudiants étrangers, ce sont donc des dizaines de milliers d’emplois qui sont menacés, d’autant plus que le gouvernement, qui a débloqué des dizaines de milliards pour financer des mesures de chômage partiel, a refusé d’en faire bénéficier les employés des universités.

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