En Australie, le tout petit aéroport d’Alice Springs accueille les plus gros avions commerciaux, cloués au sol par le coronavirus

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L'aéroport de cette petite ville australienne, située en plein centre du pays, est devenu un parking à ciel ouvert pour les avions, y compris les plus gros porteurs, en attendant la reprise des vols commerciaux.

Il n’y a désormais presque plus aucun avion dans le ciel, et pourtant, l’aéroport d’Alice Springs, en plein centre de l’Australie, n’en a jamais vu autant qu’en ce moment. Tout récemment quatre Airbus A380 y ont pour la première fois posé les roues, tout comme une vingtaine d’autres appareils actuellement remisés, en attendant que la crise sanitaire du coronavirus se termine.

Dans ce secteur reculé du Territoire du Nord de l'Australie, ces avions ont fait sensation. Parmi ceux qui ont assisté à leur atterrissage, le photographe Steve Strike : il a pris de superbes photos de ces monstres volants stationnés en plein désert. Mais il était loin d’être le seul à observer l’arrivée de ces quatre A380. "Tous les fans d’aviation d’Alice Springs ont pris des petites routes de montagnes pour avoir une vue bien dégagée au moment de l’atterrissage de ces avions", raconte Steve Strike. Et on peut les comprendre, car même chez Airbus, il est peu probable qu’on ait imaginé un jour qu’un A380 se poserait dans ce coin perdu de l’Australie.

Un climat favorable et une base américaine

Si la compagnie Singapore Airlines a choisi d’y parquer ses avions, c’est tout d’abord pour des raisons météorologiques. "Les conditions climatiques à Alice Springs sont parfaites pour remiser des avions, explique Neil Hansford, spécialiste de l’aéronautique. Il y fait chaud et surtout, il y a très peu d’humidité ce qui est le pire ennemi des avions quand ils sont au sol." C’est donc le climat, très inhospitalier, d’Alice Springs, qui est aujourd’hui son principal atout.

L’aéroport d’Alice Springs n’accueille que 600 000 passagers par an, c’est l’équivalent en France de l’aéroport de Pau. Et pourtant, des avions de 500 tonnes comme l’A380 peuvent y atterrir. "La piste a été agrandie pour permettre aux plus gros avions de fret militaire d’apporter du matériel à la station de surveillance de Pine Gap", indique Neil Hansford. La base de Pine Gap, c’est une pièce maîtresse du dispositif de renseignement américain. Et c’est donc grâce à la présence de cette base, combinée au climat désertique de la région, qu’Alice Springs tire profit de la crise actuelle.

L’entreprise qui gère cet immense parking pour avions est en train d’agrandir son emprise pour d’ici quelques mois pouvoir accueillir jusqu’à 100 avions. Et toujours selon Neil Hansford, c’est un scénario tout à fait plausible : "Quand les vols internationaux vont reprendre, ce sera progressif. En attendant que la demande retrouve son niveau d’avant le virus, de nombreux avions devront rester parqués au sol." Reste à savoir maintenant si ces compagnies aériennes, une fois la crise passée, auront toujours les moyens de faire voler à nouveau ces avions.

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