Ecoles/collèges : plus d'un Français sur deux pense que la reprise le 22 juin est une mauvaise décision, selon un sondage

Une institutrice donne cours à Mulhouse (Haut-Rhin), le 18 mai 2020.
Une institutrice donne cours à Mulhouse (Haut-Rhin), le 18 mai 2020. (SEBASTIEN BOZON / AFP)

Moins de la moitié des personnes interrogées affirment qu'elles enverront leur enfant en classe, selon un sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour franceinfo et Le Figaro. Les deux tiers des sondés tiennent à saluer le travail des professeurs pendant le confinement.

La reprise obligatoire des cours pour quinze jours dans les écoles et les collèges, annoncée dimanche 14 juin par Emmanuel Macron, est une mauvaise décision pour 56% des Français, selon un sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour franceinfo et Le Figaro publié jeudi 18 juin. Cette décision est même réprouvée par 70% des parents n'ayant pas encore remis leur enfant à l'école. Elle divise également sociologiquement les parents. Près des deux tiers des ouvriers et employés (64%) et 62% des Français les plus modestes se disent mécontent de la mesure. 

Un quart des parents est sûr de ne pas remettre son enfant à l'école

Politiquement, l'annonce du chef de l'Etat emporte l'adhésion de huit sympathisants LREM sur dix (80%). Les personnes proches de LR apportent un soutien mesuré (53%). En revanche, la décision est rejetée par plus des trois quarts des Insoumis (78%), six sympathisants PS sur dix (60%), 55% des écologistes et les deux tiers des RN (66%).

Selon ce sondage, seule une minorité de parents (45%) répondront à la demande d'Emmanuel Macron et renverront leur enfant en classe lundi pour deux semaines avant les grandes vacances. Un quart des personnes interrogées est sûr de ne pas remettre leur enfant à l'école et 30% hésitent encore.

Mais les Français n'ignorent pas les conséquences de cette période sans école. Les trois quarts (74%) gardent à l'esprit que les deux mois de confinement auront des conséquences négatives sur le niveau de l'ensemble des élèves. 70% jugent qu'ils accentueront les inégalités entre les élèves. Enfin, six personnes interrogées sur dix (61%) ne croient pas non plus que les deux mois auront permis aux professeurs et aux élèves de travailler mieux et différemment grâce au numérique.

Deux tiers des sondés saluent le travail des professeurs pendant le confinement

Les deux tiers des Français saluent le travail des professeurs pendant le confinement : 65% des personnes interrogées estiment que les enseignants ont su proposer des nouveaux outils efficaces pour que l’enseignement se poursuive malgré le confinement. Ils jugent également à 66% que les professeurs, dans leur immense majorité, ont réussi à s’adapter au confinement et ont maintenu un enseignement de qualité.

Seule une minorité (48%) pense que trop de professeurs ont été des décrocheurs et sont restés injoignables pendant le confinement. Mais 56% des parents d'élèves sont en désaccord avec cette idée.

La côte de popularité de Jean-Michel Blanquer en baisse continue


A l'inverse de leur soutien aux enseignants, les Français perdent confiance dans le ministre de l'Education nationale. 58% des Français ont une mauvaise opinion de Jean-Michel Blanquer, après la crise sanitaire qui a tenu les élèves éloignés de l'école et sur fond de désaccord des Français avec les directives du gouvernement et du président sur le retour à l'école.

La côte de popularité du ministre est en baisse continue. Seul 41% lui sont favorables, c'est 21 points de moins qu'il y a deux ans. Le désaveu est encore plus marqué par les parents d'élèves. Les deux tiers d'entre eux (65%) ont une mauvaise opinion du ministre.

L'enquête d'Odoxa note tout de même que la chute de popularité de Jean-Michel Blanquer n'est pas seulement liée à la crise sanitaire. Elle avait été entamée au mois d'août 2019. 54% des personnes interrogées avaient déjà une mauvaise opinion de lui. Le ministre de l'Education nationale n'est plus soutenu que par les sympathisants LR (58%) et les Marcheurs (86%). En revanche, les deux tiers des PS (66%), 72% des Insoumis et 73% des RN gardent une mauvaise opinion de lui.

Cette enquête Odoxa-Dentsu Consulting pour franceinfo et Le Figaro a été réalisée par internet les 17 et 18 juin 2020, sur un échantillon de 1 004 Français représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

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