Discussion avec Edouard Philippe : "Probablement encore plus de doutes sur l'organisation de la rentrée scolaire" à la sortie pour Hervé Morin

Hervé Morin, président de la région Normandie losqu\'il était l\'invité de franceinfo mercredi 5 juin 2019.
Hervé Morin, président de la région Normandie losqu'il était l'invité de franceinfo mercredi 5 juin 2019. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

Le président de la Région Normandie Hervé Morin n'a pas obtenu les réponses qu'il attendait lors de l'entretien entre les présidents de Régions et le Premier ministre le 23 avril. Hervé Morin souhaite que la retour à l'école soit organisé localement, au cas par cas.

Après la rencontre entre Emmanuel Macron et les maires de France jeudi 23 avril, Edouard Philippe a, lui, réuni les présidents de Régions dans l'après-midi. Pour Hervé Morin, cette rencontre est loin d'avoir permis de répondre aux questions des élus locaux. Sur le retour des élèves à l'école, le président de la Région Normandie et président du Nouveau-Centre estime "qu'il doit s'organiser groupe scolaire par groupe scolaire, école par école, lycée par lycée."

franceinfo : Vous sortez dans quel état d'esprit de cette réunion, vous avez obtenu suffisamment de réponses ?

Hervé Morin : Très franchement, on est resté sur des principes avec, probablement, encore plus de doutes sur l'organisation de la rentrée scolaire. Franchement, on a l'impression que le président de la République a lancé l'idée d'un retour à l'école le 11, et puis un ministre de l'Education nationale qui nous a annoncé qu'il avait un plan. On lui a dit "c'est bien ce plan, mais les écoles, les collèges et lycées sont en partie gérés par les collectivités locales". Il y a la question du transport scolaire, des garderies scolaires, de la restauration scolaire et des internats. Dans une région comme la mienne, il y a 150 000 jeunes qui, tous les jours, sont transportés par bus. Comment vous créez les conditions de distanciation sociale ? Qui va payer les millions de masques nécessaires ? Qui va les commander ?

En l'état, la rentrée scolaire est inorganisable ?

Je pense qu'elle est extrêmement compliquée quand on la prend à partir d'un plan national et je pense qu'ellle doit s'organiser, j'allais dire groupe scolaire par groupe scolaire, école par école, lycée par lycée. Ça dépend d'un tas de choses, de la volonté des parents, de l'équipe pédagogique, de l'architecture, du fonctionnement de l'établissement. Donc il faut beaucoup d'autonomie aux chefs d'établissement et il faut un dialogue au cas par cas. J'ai des maires qui me disent "J'ai suffisamment d'espace pour pouvoir quasiment scolariser tout le monde", et puis, il y a des écoles en centre-ville avec des formats très contraints, quand vous êtes dans des départements où la démographie est dynamique, où vous avez des classes très chargées et plus encore quand vous êtes en région parisienne. On a tout de même découvert comme vous le plan sur le retour à l'école ! Quand il s'agit d'établissements qui, pour l'essentiel, fonctionnent grâce au budget et grâce aux personnels des collectivités locales, la première des choses, c'est qu'à priori, on consulte les différentes organisations qui sont celles des maires, des départements et des régions.

Faut-il, pour vous, interdire un temps les déplacements entre les régions ?

Interdire, ce n'est pas le mot. Je pense qu'il faut les réguler à partir du moment où on est sur un confinement progressif. Il faut que le pays reparte parce qu'on est en train de virer à l'apocalypse et il faut bien entendu que les hôpitaux soient en capacité de nous soigner, donc il faut éviter la thrombose des services d'urgence puisqu'il n'y a pas de traitement, il n'y a pas de vaccin. Il faut donc créer les conditions pour gérer le flux en quelque sorte, faire en sorte qu'à partir du 11 mai, on ne se mette pas dans la situation où, à nouveau, on sera en situation de crise le 15 juin. Il faut donc qu'on limite les brassages de population en considérant que c'est d'abord pour des raisons professionnelles, qu'on évite les déplacements de confort, qu'on évite des déplacements massifs sur les grands week-ends. Ça me parait honnêtement naturel ou tout du moins logique pendant quelques semaines.

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