Covid-19 : la Belgique, l'Italie et l'Espagne réservent le vaccin AstraZeneca aux plus de 55 et 60 ans

Des vaccins AstraZeneca contre le Covid-19, le 31 mars 2020 à Turin (Italie).
Des vaccins AstraZeneca contre le Covid-19, le 31 mars 2020 à Turin (Italie). (MAURO UJETTO / NURPHOTO / AFP)

Ces deux pays ont annoncé leur décision quelque heures après que l'Agence européenne des médicaments a proposé de répertorier le risque de caillots sanguins comme un effet secondaire rare du vaccin anglo-suédois.

Les annonces ne se sont pas faites attendre. La Belgique, l'Italie et l'Espagne ont annoncé, mercredi 7 avril, réserver l'utilisation du vaccin d'AstraZeneca contre le Covid-19 aux personnes de plus de 55 ans pour le premier pays et aux plus de 60 ans pour les deux autres. Ces Etats européens ont pris leur décision quelque heures après que l'Agence européenne des médicaments a proposé de répertorier le risque de caillots sanguins comme un effet secondaire rare du vaccin anglo-suédois. L'Union européenne a appelé les Vingt-Sept à se coordonner et "parler d'une seule voix à travers l'UE" sur ce vaccin, afin de ne pas nourrir la défiance, a réagi la commissaire européenne à la Santé Stella Kyriakides. 

 Près de 31 000 hospitalisations en France. L'Hexagone compte 30 904 personnes hospitalisées pour une infection au Covid-19, dont 5 729 personnes en réanimation, selon les dernières données publiées par Santé publique France, mercredi 7 avril. Pas moins de 673 malades sont entrés en réanimation ces dernières 24 heures (contre 472 il y a une semaine) et on compte 3 131 nouvelles hospitalisations (contre 2 209 il y a une semaine). L'agence sanitaire rapporte que 433 personnes sont mortes en 24 heures à l'hôpital, contre 303 il y a une semaine. 

Le vaccin AstraZeneca limité aux plus de 30 ans au Royaume-Uni. Le comité scientifique supervisant la campagne de vaccination anti-Covid au Royaume-Uni, le JCVI, a recommandé, mercredi, de limiter l'usage du vaccin AstraZeneca aux plus de 30 ans quand c'est possible, après le signalement de 79 cas rares de caillots sanguins, dont 19 décès. "Les adultes âgés de 18 à 29 ans, qui n'ont pas de comorbidité leur faisant encourir un risque plus élevé d'une forme grave de la maladie Covid-19, devraient se voir proposer un autre vaccin Covid-19 plutôt que le vaccin AstraZeneca, quand une telle alternative est disponible", a déclaré le professeur Wei Shen Lim, du JCVI, lors d'une conférence de presse. Il a souligné que le comité ne recommandait l'arrêt de la vaccination dans aucun groupe d'âge. 

L'EMA confirme un lien entre AstraZeneca et des caillots sanguins rares. "Un lien possible" entre le vaccin AstraZeneca et des cas de thromboses très rares. Dans un communiqué (lien en anglais) publié à l'occasion d'une conférence de presse, mercredi, l'Agence européenne des médicaments (EMA) a rendu les conclusions de ses examens menés sur le vaccin du laboratoire anglo-suédois. Le comité d'évaluation des risques en pharmacovigilance de l'EMA estime que les caillots sanguins doivent être ajoutés à la liste des effets secondaires très rares du vaccin d'AstraZeneca. Toutefois, l'agence réaffirme que les bénéfices du vaccin demeurent supérieurs aux risques.L'EMA relève que "la plupart des cas ont été observés chez des femmes âgées de moins de 60 ans dans les deux semaines après injection", mais assure également ne pas avoir identifié de facteur de risque spécifique, tels que l'âge ou des antécédents.  

 L'Allemagne veut "verrouiller". Angela Merkel est favorable à la mise en place d'un "verrouillage court et uniforme" dans toute l'Allemagne pour endiguer la hausse des infections au Covid-19. "Le système de santé est soumis à une pression menaçante", a mis en garde lors d'une conférence de presse Ulrike Demmer, la porte-parole du gouvernement. Outre-Rhin, le nombre de patients en soins intensifs a ainsi "augmenté de 5% en une journée", a-t-elle prévenu. "Nous avons besoin d'une incidence inférieure à 100."

La production de vaccins débute en France. Alors que la France et les autres pays de l'Union européenne essaient de rattraper leur retard en matière de vaccination, le groupe Delpharm, basé à Saint-Rémy-sur-Avre, près de Dreux (Eure-et-Loir), doit commencer mercredi à mettre en flacon des vaccins contre le Covid-19 élaborés par l'alliance Pfizer-BioNTech. Suivra mi-avril son concurrent Recipharm, dont la maison mère est située en Suède, qui s'occupera des vaccins Moderna à Monts, près de Tours (Indre-et-Loire). 

Le gouvernement table sur "250 millions de doses" produites en France.  "Des entreprises produiront dès demain, sur notre territoire, des doses", a confirmé hier la ministre déléguée à l'Industrie, Agnès Pannier-Runacher. "D'ici la fin de l'année, ce sont 250 millions de doses de vaccins qui seront produites en France", a insisté la ministre lors d'une conférence de presse.

Le virus continue de se diffuser sur le territoire. La circulation de l'épidémie semble avoir stoppé sa progression à un niveau élevé en Ile-de-France ou dans les Hauts-de-France. Mais au-delà de ces deux régions où les mesures de restrictions avaient été renforcées le 20 mars, le virus a progressé partout en France. Le ministre de la Santé avait tablé vendredi sur un pic de personnes contaminées d'ici "7 à 10 jours environ", avant un pic en réanimation deux semaines plus tard, soit fin avril, quand les élèves du primaire reprendront le chemin des classes.

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