Covid-19 : le salon Livre Paris, plus gros événement littéraire français, est annulé

Des visiteurs s\'arrêtent devant un stand du salon Livre Paris, le 16 mars 2018, à Paris.
Des visiteurs s'arrêtent devant un stand du salon Livre Paris, le 16 mars 2018, à Paris. (PATRICK KOVARIK / AFP)

Le salon devait se tenir du 20 au 23 mars, porte de Versailles, à Paris. C'est un coup dur pour le monde de l'édition, qui souffre déjà économiquement. 

"Notre sens de la responsabilité nous oblige à ne prendre aucun risque avec la santé de toutes celles et ceux qui font le succès de Livre Paris", a déclaré le président du salon, Vincent Montagne. Les organisateurs du salon du livre de Paris, prévu du 20 au 23 mars, porte de Versailles, ont annoncé, dimanche 1er mars, l'annulation de l'édition 2020 du plus grand rendez-vous littéraire de France. Ils expliquent respecter les "décisions gouvernementales d'interdire des rassemblements de plus de 5 000 personnes en milieu confiné" pour lutter contre l'épidémie de Covid-19.

"Rendez-vous en 2021"

C'est un coup dur pour l'édition française qui souffre économiquement. Ce salon est, en dehors de tous les prix remis à l'automne, l'événement phare de l'année pour le secteur. Pour la 39e édition du salon, en 2019, Paris avait accueilli "3 000 auteurs et 1 200 exposants venus de près de 50 pays"

Les organisateurs avaient relevé "une très légère baisse de fréquentation (moins 2%) dans un contexte et une actualité sociale tendus". L'événement s'était tenu en plein mouvement de contestation des "gilets jaunes", avec un samedi 16 mars marqué par des violences dans le quartier des Champs-Elysées.

"Livre Paris vous donne rendez-vous en 2021 avec de nouvelles promesses et de nouvelles découvertes autour du livre et de la lecture", a affirmé Vincent Montagne. Le salon devait mettre l'Inde à l'honneur, pour cette édition. En 2021, ce sera l'Italie, "deuxième marché pour la traduction de livres français".

Coup dur pour les éditeurs

Etaient annoncés, chez les auteurs francophones, les romanciers Michel Bussi, Didier Daeninckx ou encore Gaël Faye, mais aussi la philosophe Julia Kristeva, l'historien Benjamin Stora ou encore la prix Nobel d'économie Esther Duflo.

Mais l'un des grands noms de l'édition parisienne, le groupe Madrigall (Gallimard, Flammarion, POL, J'ai lu, Denoël, etc.), ne comptait pas venir. "Il faut faire des choix, nous portons davantage nos efforts à l'international", avait justifié Antoine Gallimard dans Le Monde.

Pour les maisons d'édition qui  continuent à participer à l'événement, cette annulation est un coup dur. "Il n'y aura pas de grande fête", nous confie Mickaël Palvain, directeur Marketing d'Albin Michel. La maison devait fêter cette année au salon ses 120 ans d'existence. 

Beaucoup d'éditeurs, aux finances fragiles, ne vont probablement pas recouvrer tout l'investissement qu'ils font chaque année dans ce salon, une vitrine importante.
"Pour le moment l'équipe digère encore la nouvelle et se charge de prévenir les auteurs en attendant de pouvoir se retourner", a écrit sur Twitter la maison d'édition MxM Bookmark.

Lectorat qui s'effrite, des auteurs qui revendiquent

Le secteur du livre, qui voit le lectorat s'effriter peu à peu, est en plein débat sur la rémunération des auteurs après la publication fin janvier du "rapport Racine".

En 2018, derniers chiffres disponibles, le SNE avait fait état d'une baisse de 1,6% du chiffre d'affaires de l'édition (hors livres scolaires), à 2,24 milliards d'euros. La chute des ventes de livre (-4,9%) ne compensait pas la hausse des cessions de droits (+5,4%).

Le rapport Racine, réalisé par l'ancien président de la Bibliothèque nationale de France Bruno Racine, formule 23 recommandations visant à améliorer la situation économique et sociale des artistes-auteurs, dont les écrivains.

Il avait été fraîchement accueilli par le SNE, organisation professionnelle qui avait appelé à "prendre en compte l'ensemble de la filière (...) car c'est une chaîne dont tous les maillons sont fragiles et interdépendants".

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