Désinfecter la voirie n'est pas justifié pour lutter contre la transmission du coronavirus, jugent les pouvoirs publics

Une opération de désinfection dans une rue de Cannes (Alpes-Maritimes), le 26 mars 2020. 
Une opération de désinfection dans une rue de Cannes (Alpes-Maritimes), le 26 mars 2020.  (FREDERIC DIDES / HANS LUCAS / AFP)

Les autorités soulignent le fait qu'il n'existe aucun argument scientifique qui justifierait l'intérêt de désinfecter la voirie pour prévenir des risques de transmission du virus. Et ce alors que le risque environnemental lié à l'utilisation de produits désinfectants est réel. 

Nice, Cannes, Suresnes, Roanne... Depuis l'arrivée sur le territoire français de l'épidémie de coronavirus, plusieurs villes françaises ont décidé de procéder à des opérations spécifiques de nettoyage ou de désinfection de la voirie, à l'instar de ce qui a été observé en Chine ou en Corée du Sud. Jeudi 9 avril, les pouvoirs publics français jugent que la mise en œuvre de ces pratiques exceptionnelles n'est pas justifiée.

Dans un communiqué, l'exécutif recommande en revanche de continuer d'assurer le nettoyage habituel de la voirie et du mobilier urbain avec les équipements de protection habituels des professionnels.

Un risque pour l'environnement

Pour produire cet avis, Elisabeth Borne, ministre de la Transition écologique et solidaire, et Jacqueline Gourault, sa collègue chargée de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales, s'appuient sur un avis rendu par le Haut Conseil de la santé publique (HSCP).

Le Haut Conseil cite l'absence d'argument scientifique qui justifierait l'intérêt de désinfecter la voirie pour prévenir des risques de transmission du virus et insiste sur ses impacts potentiels sur l'environnement. Les produits de désinfection contiennent des substances actives susceptibles de se disperser "après ruissellement mais également via les réseaux de collecte des eaux pluviales ou d'assainissement", rappelle le gouvernement. Leur usage massif "peut favoriser l'apparition d'espèces résistantes". 

Vous êtes à nouveau en ligne