Des réfugiés en renfort des agriculteurs impactés par le confinement : "Maintenant je vis dans ce pays, je veux aider les gens"

Un maraîcher procède à la récolte sur ses champs d\'asperges, en Moselle. Illustration.
Un maraîcher procède à la récolte sur ses champs d'asperges, en Moselle. Illustration. (LAURENT WATRIN / RADIO FRANCE)

Plusieurs dizaines de réfugiés vont venir prêter main forte aux agriculteurs de Seine-et-Marne, qui manquent de bras pour procéder aux ramassages de fruits et légumes. C'est le préfet du département qui a lancé cet appel via les gestionnaires de centres d'hébergements.

Il n'a pas hésité longtemps avant de dire "C'est d'accord", et de venir travailler dans les champs de fraises et d'asperges de Seine-et-Marne. Zabiullah, 28 ans, est d'origine pakistanaise et bénéficie du statut de réfugié. Il a donc une carte de résident en France et a le droit de travailler. D'autant plus que le jeune homme a des connaissances dans le domaine : "Avant j'ai étudié l'agronomie à l'université", explique-t-il dans un français encore un peu hésitant. Il vit au centre provisoire d’hébergement de Pontault-Combault, et bénéficiera bientôt d'un contrat rémunéré.

"C'est très bien de pouvoir aider. En ce moment, les gens ont besoin de trois choses : des médicaments, des médecins et de la nourriture", explique Zabiullah, convaincu. "Maintenant je vis dans ce pays, et je veux aider les gens, les agriculteurs surtout, dans la situation actuelle. Parce que c'est aussi mon pays." Le jeune homme est motivé et va commencer très bientôt dans une exploitation.

"Je ne sais pas si ce sera suffisant pour répondre aux besoins des maraîchers"

"On est dans une démarche par rapport aux personnes avec le statut de réfugié : les héberger, leur donner un travail, etc...", détaille à franceinfo Thierry Coudert, préfet de Seine-et-Marne. "C'est donc une belle opportunité, à la fois pour ces réfugiés qui cherchent à s'intégrer dans notre pays, mais aussi pour les agriculteurs qui vont recevoir l'aide de gens qui certes n'étaient pas forcément les publics habituels, mais qui ont un savoir-faire et surtout une très belle volonté."

C'est volontaire mais pas bénévole. Il est évident que par rapport à un public comme celui-ci, il est important qu'ils aient un contrat de travail et un salaire, au moins le smic.Thierry Coudert, préfet de Seine-et-Marneà franceinfo

"Je ne sais pas si ce sera suffisant pour répondre aux besoins des maraîchers, on verra. On est en train de construire quelque chose", explique le préfet du département. "Les travailleurs étrangers habituels ne peuvent pas venir. La profession a lancé un appel à nos concitoyens, certains déjà y ont répondu. On est en plein début de la période de maraîchage, il y a effectivement des besoins importants".

Au total, une soixantaine de réfugiés ont donné leur feu vert pour travailler auprès des agriculteurs via la préfecture de Seine-et-Marne, qui dit garantir "les conditions sanitaires et la mise en place des gestes barrières".

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