Masques obligatoires : "Un budget de 100 euros par mois pour une famille de deux enfants", selon l’UFC-Que Choisir qui réclame la gratuité "pour tous"

Un centre commercial dans le centre de Marseille, lundi 20 juillet 2020.
Un centre commercial dans le centre de Marseille, lundi 20 juillet 2020. (CLEMENT MAHOUDEAU / AFP)

Alain Bazot, le président de l'association de consommateurs redoute que, faute de moyens suffisants, certains Français soient contraints d'utiliser le même masque bien au delà des quatre heures recommandées.

Alors que le port du masque est désormais obligatoire dans tous les lieux publics clos, Alain Bazot, le président de l'UFC-Que Choisir affirme, sur franceinfo mercredi 22 juillet, que cela représente "à peu près dans les 100 euros par mois pour une famille avec deux enfants pour les masques jetables". L’association de consommateurs continue donc de réclamer, comme une partie de l'opposition de gauche, un accès aux masques "gratuit pour tous" alors qu’Emmanuel Macron a indiqué mardi soir sur TF1 que les contribuables "n’ont pas vocation à payer des masques" pour tous.

Quel est le budget masques moyen pour une famille ?

On l'avait déjà calculé au moment où les masques étaient obligatoires. Aujourd’hui, on compte dans les 100 euros par mois pour une famille avec deux enfants pour les masques jetables. Ça peut aller jusqu’à 200 euros pour des masques qui sont réutilisables, qui sont en tissu. Donc, c'est un budget, bien sûr, qui n'est pas du tout négligeable.

Quel poids financier l'achat de masques constitue-t-il pour les Français les plus précaires ?

Les gens qui ont des budgets réduits vont peut-être économiser et, au lieu de garder un masque quatre heures, ils vont le garder huit heures ou plusieurs jours, ce qui serait une catastrophe d’un point de vue sanitaire.

Pour nous, c'est un peu comme quand on impose la vaccination obligatoire pour tous. Pour que ça marche, il faut que tout le monde se vaccine. Donc la vaccination obligatoire est gratuite.Alain Bazot, président de l'UFC-Que-Choisirà franceinfo

Pour les masques, l'enjeu sanitaire doit primer. Il faut s'assurer de l’accès gratuit des masques pour tous. L'encadrement des prix n'est pas suffisant. 95 centimes, c'est beaucoup trop cher. Donc quand on dit pour tous, c'est l'accès pour tous et c'est un devoir de l'Etat, c‘est la solidarité. C'est l'enjeu sanitaire qui doit primer.

Vos confrères de l'association CLCV demandent une aide financière de 50 euros par mois et par personne destinée à l’achat de ces masques. Soutenez-vous cette proposition ?

Je trouve que ce n'est pas une bonne solution. Il y a beaucoup de gens qui ne vont pas réclamer un masque gratuit parce qu'ils peuvent les acheter ou parce qu’ils vont en acheter en tissu. Le plus simple et le plus efficace, c’est quand même l'accès pour tous. Moi, c’est mon souci.

Est-ce aux contribuables de prendre en charge le financement des masques gratuits ?

Complètement, c'est un enjeu national et sanitaire majeur. Et face à des grandes crises comme ça, il n'y a que la solidarité nationale. Si on a système fiscal qui est bien redistributif et juste, on doit s'appuyer sur le système fiscal et donc sur le contribuable. Il y aura des familles avec de nombreux enfants qui risquent d'avoir de réelles difficultés. On sait qu'il y a beaucoup de gens, des artisans, des petits commerçants qui vont fermer boutique, des salariés sont au chômage total ou partiel. Donc, toutes ces personnes-là, comment on va les repérer rapidement si on n'offre pas une possibilité d'accès gratuit aux masques? C'est effectivement à la nation d'assurer ça et donc le contribuable.

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