"Le port du masque en classe devrait être obligatoire" : la rentrée scolaire allemande s'adapte au coronavirus

Un élève participant en classe, un masque sanitaire à la main, le 10 aout 2020, dans une école berlinoise.
Un élève participant en classe, un masque sanitaire à la main, le 10 aout 2020, dans une école berlinoise. (TOBIAS SCHWARZ / AFP)

En Allemagne, chaque Land organise le retour à l'école à tour de rôle et chacun avec son propre règlement contre le coronavirus. Alors que l'épidémie repart à la hausse, les différents protocoles sanitaires et réglementations sur les masques font réagir élèves et professeurs.

C’est déjà le retour à l’école pour 350 000 petits Berlinois. Conséquence du système allemand des vacances tournantes, les rentrées se font de manière décalée. Certains Lander ont déjà fait la leur, la semaine dernière.

Après six semaines de vacances, derniers préparatifs dans la famille Hansen, le père remplit le cartable pour une rentrée presque normale, lundi 10 août 2020. "Pas besoin de grand chose pour le premier jour, explique-t-il. Un cahier, la trousse… Ah ! Et ne pas oublier le masque de protection." Un masque que les élèves devront porter dans les couloirs. 

Pas de masque dans les classes

Parcours fléché pour les entrées et sorties, et présence obligatoire de tous les élèves en classe. Contre le coronavirus, la directrice Astrid Busse, avec ses 650 élèves, a dû inventer des solutions : "Du CP au CE1, les élèves vont prendre les repas sur un plateau dans leur classe. Le réfectoire est trop petit et on veut éviter que les groupes se mélangent."

"Lors des pauses, les enseignants ont pour consigne d'éviter au maximum les cohues dans les escaliers, quand les enfants descendent dans la cour", continue-t-elle. Une fois dans la cour ou assis en classe, les petits Berlinois peuvent enlever leur masque. Une autre institutrice dit avoir l'impression de servir de rat de laboratoire, sans plexiglas, sans distance de sécurité et sans masques.

"Dans une classe de 25 ou 30 élèves, le port du masque en cours devrait être obligatoire", estime le professeur Martin Kruggel, chercheur en circulation de l'air à l'Université technique de Berlin. "C'est l'exemple donné par d'autres pays, comme Israël, qui ont très bien démontré que le retour à l'école a fait remonter le taux d'infection, indique-t-il. Je crois qu'on devrait en tirer les conséquences."

La question, c'est : est-ce vraiment si handicapant de porter un masque ? Selon moi, c'est un petit effort à l'impact très positif.Martin Kruggelà franceinfo

Le règlement est tout autre en Rhénanie : masques obligatoires, y compris dans les classes, dès l'école primaire. Yanne Van Benthem, interrogée par la télévision locale, fait sa rentrée en sixième. "Quand on doit porter nos masques sept heures par jour, par 30 degrés, c'est quand même beaucoup demander aux élèves, raconte-t-elle. Moi, je préférerais qu'ils divisent notre classe en deux groupes."

Des classes divisés en deux, sans port du masque. C'est la règle appliquée en Mecklembourg-Poméranie, une région où, une semaine après la rentrée, deux écoles ont déjà dû fermer pour cause d'infections.

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