Accord pour un plan de relance de 750 milliards d'euros : "Ce ne sont pas les Européens qui vont payer", assure Thierry Breton

franceinfo

Le commissaire européen au Marché intérieur, était l'invité de franceinfo, mardi 21 juillet, alors que les 27 dirigeants de l'Union européenne viennent de s'accorder sur un plan de relance. "Que personne ne s'y trompe, on ne va pas créer un impôt pour les Européens", a-t-il insisté.

"Ce ne sont pas les Européens qui vont payer", a assuré Thierry Breton, commissaire européen au Marché intérieur, mardi 21 juillet sur franceinfo alors que les 27 chefs d'État ou de gouvernement européens ont finalement trouvé un accord pour un plan de relance de 750 milliards d'euros. "C'est vraiment un jour historique", a-t-il insisté.

>> Plan de relance de l'Union européenne : retrouvez notre direct avec le commissaire européen Thierry Breton, invité de franceinfo.

Concernant le financement du plan de relance, "cette somme va être empruntée sur une maturité très longue, c'est-à-dire sur une trentaine d'années", a-t-il expliqué. Donc on va la rembourser, évidemment, sur un très long terme, parce que cette crise est inédite". Le commissaire européen a aussi insisté : "Et surtout, que personne ne s'y trompe, on ne va pas créer un impôt pour les Européens. Ce ne sont pas les Européens qui vont payer, a assuré Thierry Breton. C'est aux frontières ou lorsque l'on rentre dans l'Union et dans le marché intérieur dont j'ai la charge, que l'on mettra évidemment des taxes qui permettront d'accéder à ce marché intérieur."

"C'est vraiment un jour historique"

Thierry Breton s'est aussi réjoui que les pays européens jouent la carte de la solidarité : "C'est vraiment un jour historique. Qui aurait pu penser il y a quelques mois, avant la crise du Covid-19 qu’aujourd'hui, nous pourrions dire que pour la première de l'histoire, l'Europe emprunte pour l'Europe, l'Europe emprunte pour les Européens ? Personne n'aurait pu le lire. Et surtout, évidemment, dans des montants aussi considérables", a-t-il déclaré.

Pour la première fois, l'Europe va emprunter massivement pour faire en sorte que la solidarité joue entre chaque État. Et ça, c'est vraiment un pas tout à fait nouveau.

Thierry Breton, commissaire européen au Marché intérieur

sur franceinfo

"Ce n'est pas uniquement de l'argent qui tombe du ciel", a-t-il dit. "C'est également pour accompagner des plans de relance et des plans de reconversion, des plans de modernisation, plus de numérique, plus de digital, plus évidemment d'économie verte", a-t-il détaillé.

Le commissaire européen au Marché intérieur a repris les termes de sa tribune du 9 juin publiée dans le Figaro et cosigné par Joseph Borrell, Haut représentant de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité. "Oui, c'est la fin de l'Europe naïve, a redit le commissaire européen sur franceinfo mardi.Y compris en ce qui concerne les subventions, puisque là aussi, nous avons émis un livre blanc il y a quelques jours de cela en indiquant que désormais, nous allions être extrêmement vigilants sur les aides d'État non européennes", a-t-il expliqué. La Chine qui investit massivement en Europe est notamment pointée du doigt.

C'est la fin de l'Europe naïve.

Thierry Breton, commissaire européen au Marché intérieur

sur franceinfo

Désormais, les entreprises qui bénéficient de ces aides d'État non européennes vont être dans le collimateur des vingt-sept. Elles ne seront pas autorisées "à venir porter concurrence aux entreprises européennes, y compris à bénéficier des subventions. On sera extrêmement vigilant. C'est aussi une première. C'est aussi historique", a-t-il affirmé.

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