Déconfinement : "Tant que je ne serai pas absolument sûr que c'est parfait je ne rouvrirai pas" les écoles, dit le maire de Mantes-la-Jolie

Une école se prépare à sa réouverture le 12 mai prochain.
Une école se prépare à sa réouverture le 12 mai prochain. (STEPHANE GEUFROI / MAXPPP)

Raphaël Cognet, maire LR de Mantes-la-Jolie (Yvelines), s'est exprimé mardi sur franceinfo, après le déplacement d'Emmanuel Macron dans le département au sein d'une école de Poissy.

Le maire LR de Mantes-la-Jolie (Yvelines), Raphaël Cognet, veut prendre toutes les précautions afin de rouvrir les écoles de sa commune au moment du déconfinement. "Tant que je ne serai pas absolument sûr que c'est parfait je ne rouvrirai pas" les établissements le 11 mai, a-t-il déclaré mardi 5 mai sur franceinfo. "Le plus simple pour moi, ce serait de ne pas rouvrir mes écoles. Si je fais cela, j'ai moins d'embêtements et sans doute, je prends moins de risques", a poursuivi Raphaël Cognet. "Mais il y a une grande partie de ma population qui a besoin de l'école, il y a beaucoup d'enfants qui risquent d'être en décrochage et qui le sont déjà d'ailleurs. […] Ma responsabilité, c'est de trouver un compromis entre la pédagogie et le sanitaire", a-t-il insisté. "Les écoles vont normalement rouvrir la semaine prochaine, même si aujourd'hui je ne suis pas en mesure de le dire à 100%." Dans la journée de mardi, le président de la République s'est rendu dans une école élémentaire de Poissy, située dans le même département, afin de tenter de rassurer sur le retour en classe.

franceinfo : Avez-vous obtenu des garanties, des éclaircissements de la part du président de la République ?

Raphaël Cognet : Je n'attendais pas de garantie, parce que je considère que ce n'est pas au chef de l'État de me donner des garanties, c'est à moi de trouver les solutions locales. Ce que j'attendais c'était qu'on entende bien nos problèmes. Il faut qu'on concilie l'absolue nécessité que les enfants reprennent le chemin de l'école et la sécurité sanitaire. En tant que maire et en tant que parent je souhaite que les enfants retournent à l'école. Mais les choses ont été prises à l'envers. On nous a annoncé une date de rentrée et on a attendu presque trois semaines pour avoir un protocole sanitaire qui est arrivé le 2 mai. Pour nous, c'est donc un peu compliqué de s'organiser en si peu de temps. J'ai été rassuré sur l'aspect souple et agile du dispositif. On est en train d'essayer de trouver toutes les solutions. Techniquement on va les trouver, mais je pense qu'on ne pourra pas reprendre partout au même rythme, en même temps et au même moment. Emmanuel Macron nous a dit qu'il fallait essayer de concilier responsabilité et liberté. Je comprends très bien que des parents craignent d'envoyer leurs enfants à l'école. Mon travail de maire et celui de l'Éducation nationale, c'est de faire en sorte qu'ils soient accueillis dans les meilleures conditions. Les familles sont libres d'envoyer ou pas leurs enfants.

La responsabilité n'est-elle pas trop lourde sur les épaules des maires ?

Je vous dirais en rigolant qu'on a l'habitude que la responsabilité soit lourde. Si je le dis sans rigoler, c'est que nous ce qu'on veut ce n'est pas une immunité. Je ne demande ni une immunité pénale, ni une nouvelle loi. Je veux juste que tout le monde sache qu'on travaille dans un environnement extrêmement compliqué et qu'on est comme l'ensemble de la population. On découvre une nouvelle façon d'enseigner, une nouvelle façon de rendre des services à la population, tout en tenant compte du virus. Si tout le monde est sur la même longueur d'ondes et dit qu'il n'y a pas de réponses définitives et que c'est la somme des petites solutions pragmatiques qui nous permettra de résoudre les problèmes, on aura fait un grand pas. Là-dessus, j'ai l'impression d'avoir été entendu.

La population, les enseignants et les chefs d'établissement ne comprennent pas tout non plus, quand certains établissements rouvrent d'autres restent fermés, les décisions sont différentes d'une ville à une autre. Ce n'est pas simple pour les familles ?

C'est très compliqué. Je suis maire d'une ville de 45 000 habitants, je suis en contact direct avec la population, je reçois beaucoup de messages privés, sur Facebook avec des parents qui m'interpellent directement. C'est très compliqué pour nous. Il y a des agents qui travaillent et d'autres pas. Pour moi, le choix est simple, car je raisonne dans l'intérêt de l'enfant. Le plus simple pour moi, honnêtement ce serait de ne pas rouvrir mes écoles. Si je fais cela, j'ai moins d'embêtements et sans doute, je prends moins de risque. Mais je me dis qu'il y a une grande partie de ma population qui a besoin de l'école et qu'il y a beaucoup d'enfants qui risquent d'être en décrochage et qui le sont déjà d'ailleurs. Même si on fait des merveilles avec l'enseignement à distance, mais au bout d'un moment les enfants ont besoin d'être en classe. Ma responsabilité c'est de trouver un compromis entre la pédagogie et le sanitaire. Les écoles vont normalement rouvrir la semaine prochaine, même si aujourd'hui je ne suis pas en mesure de le dire à 100%, on y travaille. S'il nous faut quelques jours de plus pour bien préparer les choses, on prendra quelques jours de plus. Là-dessus, j'ai eu la garantie de l'Académie et de tous les services de l'État. Tant que je ne serai pas absolument sûr que c'est parfait je ne rouvrirai pas. Dès que ce sera parfait, je rouvrirai.

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