Déconfinement : sous quelles conditions les bars et restaurants pourront-ils rouvrir ?

Un homme masqué passe devant un restaurant fermé, à Paris. 
Un homme masqué passe devant un restaurant fermé, à Paris.  (GREG LOOPING / HANS LUCAS)

Fermés depuis le 14 mars, les bars et restaurants s'apprêtent à rouvrir au public le 2 juin. Cette reprise sera conditionnée au respect de mesures d'hygiène.

"Le déconfinement doit nous permettre de reprendre une vie à peu près normale", a souhaité Edouard Philippe jeudi 28 mai en dévoilant la deuxième phase du déconfinement. Les Français vont pouvoir retrouver leurs bistrots et restaurants préférés dès le 2 juin. Cette réouverture faisait "l'objet d'une très forte attente de la part des Français" a reconnu le Premier ministre, soulignant qu'ils constituent une partie "de notre art de vivre". 

"Compte tenu de l'évolution sanitaire, les restaurants, bars et cafés pourront rouvrir dans tous les départements à partir du 2 juin, mais ils ouvriront avec des restrictions temporaires dans ceux qui se trouvent dans les zones orange", a annoncé le chef du gouvernement. Ainsi, seules les terrasses des établissements de restauration pourront ouvrir dans les "départements orange" : ceux d'Ile-de-France, la Guyane et Mayotte.

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Une bonne nouvelle pour le secteur de la restauration et de l'hôtellerie, touché de plein fouet par la crise du coronavirus. Pour accueillir à nouveau leur clientèle, les professionnels du secteur devront se plier à un protocole sanitaire strict. Le syndicat patronal GNI-HCR, qui représente les indépendants de l'hôtellerie et de la restauration a proposé, dès le 22 mai, un protocole de déconfinement pour aller au-delà des obligations légales et homogénéiser les pratiques et ainsi rassurer les salariés et les clients. Franceinfo fait un point sur les changements que vont connaître ces bars, cafés et restaurants. 

Pas de service en salles hors des zones vertes 

Toutes les terrasses vont pouvoir rouvrir. Dans les zones orange, ce seront même les seuls espaces autorisés dans les bars, cafés et restaurants à partir du mardi 2 juin. L'objectif : relancer l'activité, tout en minimisant la menace sanitaire. "Il est urgent de se remettre au travail et d'ouvrir nos établissements en commençant par nos terrasses", avait demandé Pascal Mousset, président du GNI Paris Ile-de-France, mercredi 27 mai dans un communiqué.

Le risque de propagation du virus est en effet moins élevé que dans un espace clos. Les clients pourront ainsi retrouver, du moins partiellement en zone orange, les espaces de restauration. En terrasse ou en salle, les mêmes mesures sanitaires devront s'appliquer.   

Le port du masque sera obligatoire

"Le port du masque sera rendu obligatoire pour l'ensemble du personnel en salle et en cuisine et pour les clients lorsqu'ils se déplacent", a précisé le Premier ministre. Le port du masque sera donc obligatoire pour les serveurs comme les clients

Néanmoins, dans son protocole, le syndicat GNI-HCR précise que "les clients des cafés, bars et restaurants doivent porter un masque, sauf lorsqu'ils sont à table". La protection pourra donc être enlevée le temps d'un verre ou d'un repas. Mais il devra être porté lors de l'entrée dans l'établissement, en allant aux toilettes ou au moment d'aller payer l'addition.

Un mètre de distance entre chaque table

Après maintes négociations, le secteur a obtenu que l'espacement entre les clients de différentes tablées soit d'un mètre. Les clients isolés disposeront donc d'un espace d'un mètre carré et non de quatre, comme c'est le cas dans les entreprises. Un temps évoqué, cette possibilité avait été vivement rejetée par les restaurateurs : elle aurait induit la perte d'un trop grand nombre de tables. 

La mesure des 4 m2 n'a pas été reprise dans l'avis émis par le Haut Conseil de la santé publique, a déclaré le 26 mai le secrétaire d'Etat en charge du Tourisme, Jean-Baptiste Lemoyne. Les tables seront elles aussi espacées d'au moins un mètre a précisé le ministre. Cette distance linéaire pourra être raccourcie si les tables sont espacés par des écrans, notamment en Plexiglas. 

Des tablées limitées à 10 convives

"Les personnes qui auront choisi de dîner ou de déjeuner ensemble pourront s'asseoir à la même table dans la limite d'une capacité maximale de 10 par table", a précisé Edouard Philippe. Les tablées seront donc limitées à des groupes de 10 convives.

Conformément à la régle précédente, il faudra réserver un espace entre ces tables. Une mesure qui n'enchantent pas les restaurateurs car cela réduira forcément le nombre de clients possibles

La consommation "debout à l'intérieur" interdite 

Dans les bars, "nous demanderons aux exploitants de ne pas autoriser la consommation debout, à l'intérieur", a ajouté Edouard Philippe. Il faudra donc être assis à une table pour pouvoir consommer. Cette mesure sera-t-elle applicable aux comptoirs où l'on peut manger sur des chaises hautes ? Le syndicat GNI-HCR préconisait dans son protocole que la consommation au comptoir soit maintenue et que la protection sanitaire soit assurée, "via un écran visière porté par le barman". Dans son allocution, le Premier ministre n'a pas apporté de précision sur ce sujet.

En revanche, "les circulations à l'intérieur des établissements devront être réorganisées", a expliqué Edouard Philippe. Les espaces intérieurs seront également aménagés pour éviter aux serveurs et aux clients de se croiser. Des cheminements seront créés pour faciliter les déplacements. Du gel hydroalcoolique devra également être mis à disposition de la clientèle et des employés.  

Un menu virtuel ou désinfecté 

Finis les cartes et menus en papier. A moins qu'ils soient à usage unique, ils disparaîtront, du moins provisoirement, des tables des restaurants. A la place, les clients pourront découvrir la carte directement sur la page web dédiée de l'établissement (accessible via un QR code par exemple), ou bien grâce à une ardoise présentée par un serveur. Les menus plastifiés pourront également être utilisés, à condition qu'ils soient désinfectés entre chaque passage de main. 

De même, le règlement à la caisse se fera de la manière la plus distanciée et virtuelle possible : les zones de paiement seront fréquemment désinfectées et les modes de paiement sans contact seront privilégiées : le syndicat GNI-HCR évoquait dans son protocole les virements, les paiements par carte et par QR code. 

Les buffets revus et corrigés

Les buffets, lieux de concentration par excellence, seront repensés. Le protocole sanitaire proposé par les professionnels du secteur propose de permettre leur maintien en limitant le nombre de clients simultanés, en changeant les couverts à chaque client, etc. Des marques au sol pourraient également être mises en place pour s'assurer du bon respect des distances entre les clients. 

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