Déconfinement : le traçage des Français "ne sert à rien, si tout le monde n'est pas testé", estime le député LFI Adrien Quatennens

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Sur le choix de la date du 11 mai pour sortir du confinement, la décision paraît à à l'élu du Nord "hasardeuse et arbitraire".

"Sur le sujet des libertés individuelles, des protections des données et du secret médical, nous sommes opposés à l'utilisation des données", a affirmé lundi 20 avril, sur franceinfo, Adrien Quatennens, député La France Insoumise du Nord, alors que la question du traçage des téléphones portables pour accompagner le déconfinement est envisagée par le gouvernement. Pour Adrien Quatennens, ce traçage "ne sert à rien si tout le monde n'est pas testé, si tout le monde n'est pas équipé du matériel nécessaire. Et qui peut croire que cela va remplacer l'essentiel, à savoir la montée en puissance sur les masques et les tests".

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Lundi matin, le Premier ministre s'est entretenu avec les responsables des partis politiques pour aborder notamment cette question du traçage. "Tous les participants de l'opposition, quelles que soient leurs couleurs, ont émis le souhait qu'il y ait un vote à l'issue" des débats parlementaires programmés le 28 avril sur le traçage et début mai sur le plan de déconfinement, assure Adrien Quatennens.

Planifier le déconfinement au Parlement

"Face à ce consensus assez large, le Premier ministre a dit qu'il trouvait parfaitement entendable cette revendication et qu'elle devrait faire l'objet de discussions." Le député LFI fait remarquer que, "pour l'essentiel, cela posait problème au sein de la République en marche". Adrien Quatennens insiste également sur le fait que "la parole publique doit avoir un sens et pas simplement pour quelques heures". Il rappelle qu'il y a quinze jours, "quand on interrogeait le gouvernement sur les méthodes employées autour du confinement et du déconfinement, le ministre Olivier Véran fustigeait le recours à cette méthode du tracking".

Pour élaborer la planification du déconfinement, "le Parlement est un bon cadre"', souligne par ailleurs le député du Nord. "Nous adjurons le gouvernement de ne pas entrer dans le déconfinement comme il est entré dans le confinement, avec improvisation et sans planification." Adrien Quatennens rappelle que la réunion téléphonique du lundi matin entre le Premier ministre et les représentants des partis politiques est "cadre informatif et ne vaut pas prise de décision collective et ne pourrait pas remplacer le rôle du Parlement. C'est utile, mais c'est de l'information. Il ne faudrait pas que le gouvernement considère que, nous réunir, veut dire que l'on est d'accord avec les décisions qu'il prend".

Priorité à la santé

Adrien Quatennens fustige également "la gestion de la crise par le gouvernement. La situation est une situation de gestion de retard et d'une pénurie. Cette crise n'est pas simplement la crise d'un virus, affirme le député LFI du nord. On ne combat pas qu'un virus. On combat les effets d'un virus sur un modèle économique, politique qui nous a mis en fragilité, en situation de vulnérabilité."

Enfin sur le choix de la date du 11 mai pour sortir du confinement, la décision paraît à Adrien Quatennens "hasardeuse et arbitraire". Selon lui, elle "répond à l'exigence d'une reprise d'activité économique sur fond de compétition internationale", alors qu'elle "devrait découler d'un dispositif de planification qui nous permettrait de dire, on est prêts pour le 11 mai". L'élu d'opposition "adjure que la santé soit la priorité" et que cette priorité "ne soit pas simplement la relance d'une machine économique dont on pourrait interroger le contenu".

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