Déconfinement : "Il faut une adaptation fine à chaque situation", estime le président de la Région Centre-Val de Loire

François Bonneau, président de la région Centre Val-de-Loire.
François Bonneau, président de la région Centre Val-de-Loire. (ANTOINE DENÉCHÈRE / FRANCE-BLEU ORLÉANS)

La Région Centre-Val de Loire a été peu touchée par l'épidémie de coronavirus. C'est la raison pour laquelle François Bonneau rejette l'idée de "mesures générales qui s'imposeraient".

"Il faut une adaptation fine à chaque situation de cette reprise", estime dimanche 26 avril sur franceinfo François Bonneau le président PS de la Région Centre-Val de Loire, peu touchée par l'épidémie de coronavirus. Il juge qu'"il ne faut pas de mesures générales qui s'imposeraient et qui, en fonction d'une zone particulièrement à risques, bloquerait tout le reste".

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franceinfo : Les Républicains préconisent des différences de traitement en fonction des départements. Est-ce que c'est le bon échelon ?

Il faut là-dessus qu'il y ait des règles générales et que l'application de ces règles soit faite par les préfets et secteur par secteur. Par exemple, les loisirs vont reprendre progressivement. Le Centre-Val de Loire, c'est la région de la Loire à vélo [itinéraire cyclable] avec plus d'un million d'utilisateurs. Si on a un espace normal entre les cyclistes, on voit très bien que ça peut fonctionner sans refaire partir l'épidémie. Donc il faut une adaptation fine à chaque situation de cette reprise. Il ne faut pas de mesures générales qui s'imposeraient et qui, en fonction d'une zone particulièrement à risques, bloqueraient tout le reste. Je suis pour une appréciation nuancée, une appréciation secteur par secteur de la reprise. C'est la même chose pour les transports. La problématique des transports scolaires n'est pas la même dans une zone rurale et dans une zone urbaine.

Comment comptez-vous mettre en œuvre la rentrée scolaire ? 

La position qui est celle du ministre de l'Éducation nationale est de dire que les élèves viendront en alternance, moitié une semaine, moitié l'autre semaine. Cela doit nous permettre de mettre en œuvre l'espacement des élèves. Cela va de pair avec le port du masque. Cela va de pair avec l'organisation du repas, de manière à ce qu'il n'y ait pas de prise de risque. S'il faut que le repas soit pris de manière progressive, dans le vaste espace des restaurants scolaires, nous allons nous adapter. Il faut que l'activité reprenne (…) J'ai dans ma région des salles de restaurant qui sont très vastes. Nous pouvons avoir en quatre points de ces restaurants des groupes de 15, 20 élèves qui vont prendre leur repas sans être au contact les uns des autres. Chaque réalité est spécifique. Si c'est la salle de classe à certains endroits, peut-être faudra-t-il le mettre en œuvre, mais en tous les cas, ce doit être adapté en fonction de règles qui sont claires et d'une application qui est nuancée en fonction des réalités. Il faut laisser aux collectivités territoriales, aux lycées, aux collèges, aux écoles, une adaptation, dès lors qu'elles respectent les règles générales.

Vous voulez aussi relocaliser des entreprises en vue notamment de la relance économique. Vous vous indignez de la production, des masques et des principes actifs de médicaments à l'étranger ?

C'est inacceptable que nous soyons dépendants de l'Asie, de la Chine, de l'Inde pour des choses aussi élémentaires que les masques. Inacceptable que nous soyons dépendants de ces mêmes régions du monde, qu'il n'y ait pas de souveraineté européenne, pas de souveraineté pour les principes actifs dans les médicaments. Centre-Val de Loire, c'est une grande région du médicament avec soixante pour cent de la production de médicaments. Bien. Nous travaillons aujourd'hui avec les industriels, avec les laboratoires pour que nous puissions relocaliser des productions.

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