Déconfinement : "100 000 tests par jour, c'est pas mal" mais la deuxième vague de contaminations est "incontestable", affirme un médecin

Test de dépistage au coronavirus (Covid-19), à la mairie de Clichy (Hauts-de-Seine), le 15 avril 2020.
Test de dépistage au coronavirus (Covid-19), à la mairie de Clichy (Hauts-de-Seine), le 15 avril 2020. (VICTOR VASSEUR / FRANCEINFO)

Le président de la Fédération des médecins de France Jean-Paul Hamon estime qu'on ne pourra échapper à une nouvelle vague de contaminations lors du déconfinement mais, selon lui, la France sera mieux préparée pour la gérer.

Alors que le ministre de la Santé Olivier Véran prévoit que 500 000 à 700 000 tests de dépistage au Covid-19 seront faits chaque semaine après le déconfinement le 11 mai, le médecin généraliste et président de la Fédération des médecins de France Jean-Paul Hamon estime samedi 25 avril sur franceinfo que jusqu'à "100 000 tests par jour, c'est pas mal, parce qu'on n'a pas tant que ça de cas de personnes symptomatiques", tout en déclarant que la deuxième vague de contaminations est "incontestable".

>> Suivez les dernières informations sur la pandémie de coronavirus dans notre direct

franceinfo : Le ministre de la Santé prévoit au moins 500 000 tests par semaine au déconfinement. Cela sera-t-il possible ?

Jean-Paul Hamon : Tout va dépendre de la capacité à faire des tests parce que 500 000 d'ici le 11 mai, François Blanchecotte, le président du syndicat des biologistes, dit que c'est une chose qui sera possible, difficilement mais possible, à condition qu'on ait des bras pour le faire parce qu'il va falloir solliciter des laboratoires, des infirmières libérales, des médecins généralistes pour effectuer ces tests-là. Mais c'est une bonne chose. Et puis, la deuxième chose que le ministre a dit, pour voir si le virus circule : faire des tests aléatoires sur un certain nombre de populations par région pour voir quel est le taux de circulation du virus, s'il continue d'augmenter ou s'il est en diminution. Donc, ce sont des choses qui sont intéressantes et il faut effectivement avoir les capacités de le faire. Je pense que là, maintenant, ils n'ont plus de problèmes de matériel ou ils n'en auront pas d'ici le 11 mai. Et puis surtout, il ne faut pas oublier les masques. J'entendais les chefs d'entreprise qui veulent tester leurs salariés, ça ne me paraît pas raisonnable. Par contre, dans les entreprises qui vont reprendre, il faut des masques, il faut des distances, il faut des gels.

Est-ce suffisant de faire jusqu'à 100 000 tests de dépistage par jour ?

100 000 tests par jour, c'est pas mal, parce qu'on n'a pas tant que ça de cas de personnes symptomatiques. On a des tas de personnes dont on a pensé, nous, qu'elles étaient symptomatiques et on est un peu déçus de voir revenir des faux négatifs. Et puis on a vu des personnes qui ont été testées par prélèvement (PCR) dans les narines et qui étaient négatives, et la prise de sang a montré qu'ils avaient été en contact avec le virus. On a un vrai problème de fiabilité avec les tests. Les gens qui voudraient tester au doigt s'exposeront sans doute à avoir beaucoup de faux négatifs. Et ce serait dommage de ne pas attendre que les tests soient validés, ce qui ne va pas tarder maintenant. Je pense que ça va retarder d'une semaine, mais ça ne devrait pas tarder.

Selon vous, y aura-t-il une nouvelle vague de contaminations après le déconfinement ?

C'est incontestable et c'est pour cela qu'il faut prendre des précautions pour ne pas se retrouver [face] à une vraie vague. Mais là, maintenant, ceux qui sont contaminés ou qui présentent des symptômes, qu'on identifie, qu'on prend la peine de contrôler les gens contact comme on faisait au tout début de l'épidémie, mais cette fois-ci avec du matériel, on aura des masques, on aura des tests qui sont fiables et qui seront validés, on a la solution des hôtels pour isoler les personnes si elles n'ont pas d'autres solutions pour être isolées. Donc, je pense qu'on sera beaucoup mieux armés pour éviter une nouvelle flambée. Ce ne sera pas une nouvelle vague. Il y aura des cas par-ci, par-là, c'est incontestable. Je pense qu'il faut que le port des masques soit obligatoire pour l'ensemble de la population.

Vous êtes à nouveau en ligne