Covid-19 : "Il va falloir retrouver le patient zéro", alerte une infectiologue après la mort d'un Français qui n'était pas allé dans une zone à risque

L\'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, le 15 avril 2019 à Paris (illustration).
L'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, le 15 avril 2019 à Paris (illustration). (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

"On sait que s'il y a une transmission à l'intérieur de l'hôpital, ça peut jouer un rôle d'accélérateur", affirme sur franceinfo Anne-Claude Crémieux.

"C'est un moment décisif parce qu'on parle de diffusion du virus actif dans un pays quand justement on n'est plus capable de retrouver la chaîne de contamination", a expliqué mercredi 26 février sur franceinfo l'infectiologue Anne-Claude Crémieux, après le décès d'un patient français qui a contracté le coronavirus covid-19 alors qu'il n'était pas allé dans une zone à risque. "Il va falloir, les heures qui viennent, qui sont déterminantes, retrouver le patient zéro, voir si on peut remonter la chaîne de contamination, remonter les contacts", selon elle.

franceinfo : C'est un moment de bascule ?

Anne-Claude Crémieux : C'est un moment décisif parce qu'on parle de diffusion du virus actif dans un pays quand justement, on n'est plus capable de retrouver la chaîne de contamination, et donc de la casser et donc de contenir l'épidémie. Il va falloir, les heures qui viennent, qui sont déterminantes, retrouver le patient zéro, voir si on peut remonter la chaîne de contamination, remonter les contacts. Tout ça, c'est absolument essentiel, et puis voir combien de personne sont effectivement contaminées. Il y a un élément important, c'est le problème de l'hôpital, c'est le fait qu'il y a eu potentiellement une transmission à l'intérieur de l'hôpital. Ça va être un élément très important. On sait que s'il y a une transmission à l'intérieur de l'hôpital, ça peut jouer un rôle d'accélérateur.

Qui peut être touché par cette contamination à l'hôpital ?

L'hôpital, c'est un lieu où un patient qui n'aurait pas été diagnostiqué peut contaminer non seulement les autres patients qui attendent dans la salle d'attente, mais aussi le personnel, ce personnel qui est au contact de patients fragiles. On sait que les patients fragiles sont, d'une façon générale, plus à risque des infections virales et plus à risque de faire des formes sévères. Jusqu'a présent, les médecins, le personnel médical était alerté. On leur demandait de suspecter une infection au coronavirus sur deux aspects. Le clinique : c'est-à-dire une infection respiratoire aigue, mais aussi surtout la provenance d'un pays, où le virus circule. "

Quelle est la différence entre le SRAS et le coronavirus ?

Le SRAS donnait des infections sévères. Ces infections sévères étaient hospitalisées. C'était à ce moment-là seulement qu'elles étaient transmissibles. Avec ce type d'infection, on sait qu'on peut avoir des tableaux très banals, de type pharyngite, infection respiratoire supérieure jusqu'à des infections plus sévères de type pneumonie, qui peuvent arriver dans un second temps ce qui est probablement arrivé à ce patient qui est décédé. Nos collègues chinois ont été d'une aide précieuse en nous envoyant la description de tous les patients qu'ils voyaient. On sait aussi grâce à eux qu'il y a des signes radiologiques au scanner assez évocateurs. Lorsqu'ils avaient affaire à des patients qui présentaient des tests négatifs, c'était le scanner qui leur permettait de redresser le diagnostic. Ils nous ont permis de connaître cette maladie et c'est peut-être ce qui va nous aider à la prendre en charge aujourd'hui.

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