Coronavirus : un salarié sur cinq en chômage partiel, c'est "loin d'être suffisant", affirme un syndicaliste de la CGT

3,6 millions de salariés sont concernés par le chômage partiel a annoncé, mercredi 1er avril, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud.
3,6 millions de salariés sont concernés par le chômage partiel a annoncé, mercredi 1er avril, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud. (CLAIRE LEYS / FRANCE-BLEU DRÔME-ARDÈCHE)

"Il faut accélérer impérativement la mise en chômage partiel d'un maximum de salariés", estime le secrétaire confédéral de la CGT, Boris Plazzi, ainsi qu'un salaire maintenu "à 100% et non pas à 84%".

3,6 millions de salariés sont concernés par le chômage partiel a annoncé, mercredi 1er avril, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, à l'issue du Conseil des ministres. C'est un salarié sur cinq. "Ce chiffre est loin d'être suffisant", a réagi sur franceinfo Boris Plazzi, secrétaire confédéral de la CGT.

"On compte 25 millions de salariés", détaille le responsable syndical. "Si on enlève un tiers qui est au télétravail, une autre partie qui est en arrêt maladie, cela veut dire qu'il y a plusieurs millions de salariés, peut-être même la moitié, qui sont encore contraints de se rendre au travail et donc susceptibles d'être contaminés ou de contaminer". "Il faut accélérer impérativement la mise en chômage partiel d'un maximum de salariés", demande le secrétaire confédéral de la CGT. Boris Plazzi exige, par ailleurs, que soit maintenu le salaire "à 100% et non pas à 84%".

Le secteur du luxe relance la production

Le secrétaire confédéral de la CGT s'étonne également que certains secteurs, "dans l'industrie, dans le luxe" continuent à fonctionner. Il prend en exemple le groupe automobile PSA qui avait stoppé ses productions. "Ils viennent de reprendre les productions cette semaine", affirme le syndicaliste. "Donc on va de nouveau fabriquer des voitures. Il me semble que ce n'est pas quelque chose de primordial, d'essentiel".

Boris Plazzi prend aussi l'exemple de l'enseigne de luxe Louis Vuitton. "L'arrêt avait été décidé la semaine dernière, cela a repris cette semaine. Est-ce que c'est utile de fabriquer du rouge à lèvre?" Boris Plazzi rappelle que les professionnels de santé "s'échinent à nous expliquer qu'il faut rompre la chaîne de transmission du virus et qu'il faut rester confiné". Il appelle à les écouter "et en premier lieu le gouvernement, au lieu d'avoir un discours schizophrénique". Selon le secrétaire confédéral de la CGT, l'ensemble des salariés ne sont pas suffisamment protégés. "Le parapluie est largement insuffisant", affirme-t-il. "C'est très difficile de respecter la distanciation sociale sur les lieux de travail, sur les chaînes de fabrication." Il estime que les matériels "ne sont pas adaptés" et pointe le manque de masques ou de gants.

Protéger les salariés et les employeurs

"Dans beaucoup d'endroits, les conditions ne sont pas réuni pour travailler en toute sécurité." Boris Plazzi demande donc que soit stoppées "les activités qui ne sont pas essentielles, qui ne sont pas vitales pour la sauvegarde de la nation ou pour faire face à la crise sanitaire". Il réaffirme qu'il faut protéger "les salariés pour éviter que le travail ne les tue. Et il faut protéger les employeurs qui sont responsables pénalement en matière de santé sécurité".

Le secrétaire confédéral de la CGT en appelle au gouvernement pour lister les activités essentielles et celles qui ne le sont pas. "Pour cela, on doit mettre les salariés en télétravail. Et ceux qu'on ne peut pas mettre en télétravail, il faut les mettre en chômage partiel et les payer à 100%." Boris Plazzi rappelle que lorsque les salariés sont au chômage partiel, "ils touchent 84% de leur salaire alors que les entreprises sont remboursées à 100% par l'Etat. Il y a là une injustice sociale. On doit pouvoir corriger rapidement avec un décret".

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