Nouveau virus proche du SRAS : combien de temps pour trouver un vaccin ?

A l\'hopital de Tourcoing, vendredi 10 mai 2013.
A l'hopital de Tourcoing, vendredi 10 mai 2013. (PASCAL ROSSIGNOL / REUTERS)

Francetv info a interrogé le chef du service maladies infectieuses et tropicales de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, sur le nouveau coronavirus.

Les trois cas de personnes suspectées d'être infectées par le nouveau coronavirus se sont révélés négatifs, samedi 11 mai, tandis qu'un quatrième patient nécessite des examens complémentaires. Pour mieux comprendre la situation, francetv info a interrogé François Bricaire, chef du service maladies infectieuses et tropicales de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris.

Francetv info : En France, la personne porteuse du nouveau coronavirus ne semble, pour l'instant, avoir infecté personne. Que faut-il en conclure ?

François Bricaire : A chaque cas d'épidémie, émergent des craintes, et c'est tout-à-fait normal. Mais dans le cas présent, il ne faut pas s'affoler. Il suffit de regarder les chiffres. Les premiers cas ont été confirmés en septembre 2012, dans des pays du Golfe. Depuis, seuls une trentaine de malades ont été signalés. Dix-huit sont morts, ce qui est très peu. Et la propagation est réduite. En dehors de cette région du globe, seules la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne ont été touchés. Avec quatre cas outre-Manche et deux outre-Rhin, nous restons dans une propagation vraiment très limitée.

Au Royaume-Uni comme en Allemagne, aucun nouveau cas n'a été signalé après les premiers détectés. La maladie ne s'est pas répandue davantage. Il n'y a donc pas de raison que la situation soit différente en France.

Pourquoi n'existe-t-il pas de traitement ou de vaccin spécifique ?

Le faible nombre de personnes atteintes explique en grande partie cet état de fait. Pour élaborer un vaccin, il faut parvenir à un stade épidémique, que cela devienne une question de santé publique. Nous n'en sommes pas là. Ce qui est surprenant, c'est que, lorsqu'un nouvel agent infectieux apparaît, tout le monde s'étonne de l'absence de vaccin. Et lorsque celui-ci est prêt, on se demande s'il n'a pas été bâclé, tout en souhaitant qu'il soit disponible vite. Elaborer un vaccin peut prendre plusieurs mois. Même chose pour mettre au point un traitement : cela prend du temps car c'est très difficile. Et puis, généralement, les coronavirus provoquent de simples rhumes.

Peut-être que des laboratoires privés ont testé des molécules pour voir leurs réactions face au nouveau coronavirus. Mais je n'en suis pas informé. Il n'y a pas encore assez d'éléments pour que le coronavirus devienne une priorité.

S'il n'y a pas de traitement, comment soigne-t-on ces malades ?

Ils sont pris en charge en service de réanimation. Ils ont des difficultés respiratoires, alors on les aide à se ventiler. Leur intubation dépend de la gravité de l'insuffisance respiratoire. Ils sont également placés dans des chambres stériles, pour éviter toute propagation, même si la transmissibilité est assez réduite, et qu'elle nécessite des contacts très proches. 

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