Coronavirus : "Tous les personnels pénitentiaires seront dotés de masques" dès samedi matin, annonce FO-Pénitentiaire

Les équipes régionales d\'intervention et de sécurité devant le centre de détention d\'Uzerche, le 22 mars 2020.
Les équipes régionales d'intervention et de sécurité devant le centre de détention d'Uzerche, le 22 mars 2020. (PASCAL LACHENAUD / AFP)

"C'est une première victoire", réagit le syndicat vendredi sur franceinfo, alors qu'il avait saisi en référé liberté le Conseil d'Etat pour réclamer davantage de moyens de protection face au coronavirus.

Dès samedi matin, "tous les personnels pénitentiaires seront dotés de masques", a annoncé vendredi 27 mars sur franceinfo Emmanuel Baudin, secrétaire national du syndicat FO-Pénitentiaire. Le syndicat avait saisi en référé liberté le Conseil d'Etat pour réclamer davantage de moyens de protection face au coronavirus.

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C'est le directeur de cabinet de la ministre de la Justice qui l'a confirmé à Emmanuel Baudin. "Tous les personnels pénitentiaires qui seront en contact avec la population pénale vont se voir doté de plus de protections", se satisfait le syndicaliste, "avant même que le Conseil d'Etat nous ait répondu. C'est une première victoire".

"On n'était pas entendus"

La saisine du Conseil d'Etat était "une démarche imposée", souligne Emmanuel Baudin. "On n'était pas entendus. Ni la ministre, ni le directeur de la pénitentiaire ne donnaient suite à nos demandes", ajoute-t-il. "Si nous n'avions pas fait ce référé liberté, je pense que nous aurions encore passé le week-end sans masques".

Les choses se sont accélérées dès que les avocats du syndicat "ont prévenu le Conseil d'Etat", estime le patron de FO-Pénitentiaire. "Des consignes ont été passées sur toutes les directions, sur tous les établissements pénitentiaires pour que demain matin [samedi 28 mars], tous les établissements pénitentiaires et tous les personnels soient dotés de masques", explique-t-il. Selon Emmanuel Baudin, le directeur de cabinet de la ministre espère que toutes les consignes ont été bien passées. "Si jamais un établissement demain matin n'avait pas les masques, très vite dans la journée, les choses se seraient mises en place".

Il faut un confinement. Il faut limiter les mouvements. Il faut limiter le nombre de détenus en présence sur un même endroit.Emmanuel Baudin, FO-Pénitentiaireà franceinfo

Mais le référé va se poursuivre, assure Emmanuel Baudin : "On a plusieurs demandes dans ce référé liberté et on va essayer de protéger les personnels techniques, personnels de surveillance, personnels administratifs, personnels d'insertion et de probation, pour essayer de limiter la propagation de ce virus, pour que les collègues puissent rentrer chez eux le soir en n'ayant pas peur de contaminer leur famille". L'objet du référé liberté est que la maladie ne circule pas dans les établissements. "Il y a beaucoup de mouvement en prison", rappelle Emmanuel Baudin.

Une exigence des détenus

Les seules personnes qui aujourd'hui accèdent aujourd'hui aux établissements pénitentiaires, "ce sont les surveillants", précise le syndicaliste. "Donc les détenus, ils se disent que si la maladie rentre dans la prison, c'est forcément par un surveillant. Et donc les détenus eux-mêmes exigent que les surveillants soient dotés de masques". Emmanuel Baudin donne l'exemple des centres de détention, où les détenus "ont la clé de leurs cellules". "Ils vont et viennent au sein de l'établissement. Il y a bien sûr des contrôles, mais ils peuvent se retrouver à plusieurs dans une même pièce. Les gestes barrières ne sont pas respectés. Et si jamais la maladie rentre, ils peuvent se contaminer. Voilà aussi l'un des sujets notre référé liberté", ajoute le secrétaire nationale du syndicat FO-Pénitentiaire.

La Direction de l'administration pénitentiaire (DAP) a annoncé vendredi 27 mars que 50 personnels pénitentiaires et 21 détenus ont été testés positifs au coronavirus, et plusieurs centaines ont été placés en confinement sanitaire, dans différentes prisons en France.

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