Coronavirus : Rouvrir les marchés, "une excellente idée et une histoire de bon sens" selon la présidente de la Fédération des marchés de France

Fin mars, certains marchés avaient déjà été autorisés à rouvrir selon des protocoles sanitaires strictes.
Fin mars, certains marchés avaient déjà été autorisés à rouvrir selon des protocoles sanitaires strictes. (CÉLINE LOIZEAU / FRANCE-BLEU ISÈRE)

"Les gens ne touchent pas les produits, tout est respecté", affirme Monique Rubin qui estime que les organisateurs n'ont "aucune leçon à recevoir" en terme de sécurité.

Fin mars, certains marchés avaient déjà été autorisés à reprendre du service, selon des protocoles sanitaires strictes. La décision revient aujourd'hui aux maires et aux préfets. Monique Rubin, interrogée sur france info, assure que les règles sont "respectées à la lettre" sur les étals.

franceinfo : rouvrir tous les marchés en France, c'est une bonne idée ?

Monique Rubin : C'est une excellente idée et une histoire de bon sens. C'est indispensable. Nos marchés habituels, hebdomadaires, sont répartis de façon équilibrée sur le territoire, dans nos villes, dans nos villages. Le fait de rouvrir l'ensemble des marchés contribue à un nivellement de l'approvisionnement sans que nos consommateurs ne soient obligés de se ruer d'un côté ou de l'autre pour faire leurs achats. Avec, bien sûr, les règles sanitaires à respecter.

Est-il possible de faire respecter les règles sanitaires sur un marché ?

On a focalisé l'attention sur ces images de marchés parisiens où il y avait énormément de monde le 14 mars, juste après l'annonce des mesures restrictives. C'est vrai que ce dimanche matin là, c'était impossible de voir ce que l'on a vu. Mais les marchés c'est culturel. Les gens se sont précipités parce qu'ils n'ont que ça. Ils n'achètent qu'aux marchés. Cette population, ces marchés populaires, c'est vrai, n'ont pas respecté les règles. Mais il ne faut pas oublier que ces mesures sont respectées à la lettre sur tout le territoire. Réellement, les choses se passent très bien. On n'a aucune leçon à recevoir. Les gens ne touchent pas les produits, tout est respecté. Donc les marchés peuvent rouvrir en toute sécurité.

C'est tout de même plus facile de faire respecter les mesures sanitaires dans un magasin que sur un marché ouvert aux quatre vents, non ?

Non, ce n'est pas ouvert aux quatre vents, car dans les dispositions prises il y a l'établissement d'un sens de circulation sur le marché. Quand on veut, on peut. Si nos maires veulent rétablir leurs marchés, on peut travailler de façon impeccable avec eux.

Est-ce qu'il ne vaudrait pas mieux faire du cas par cas ?

Le cas par cas est très difficile à appliquer. Peut-être que certains de nos préfets et de nos maires s'y sont mal pris. On a vu certains réduirent drastiquement le nombre de personnes pouvant venir exercer sur les marchés en ne favorisant qu'une seule catégorie de personnes. Donc il y a des choses qui ne vont pas du tout. Je pense qu'il faut regarder, en collaboration avec les élus, ce qu'ils souhaitent et les garanties qu'ils peuvent apporter. Sur une ville comme Paris qui comporte 100 marchés, je comprends qu'on ne puisse pas tous les rouvrir. Mais il faut pouvoir donner à la population les moyens de se nourrir avec l'ensemble des produits qu'elle trouve habituellement sur les marchés.

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