Coronavirus : Renault et PSA veulent se lancer dans la fabrication de respirateurs, sous l’œil vigilant des syndicats

Un respirateur artificiel (illustration).
Un respirateur artificiel (illustration). (VINCENT ISORE / MAXPPP)

Il faut augmenter le nombre de lits en réanimation, martèle le ministre de la Santé Olivier Véran. Pour y parvenir, l'industrie automobile annonce vouloir venir en renfort au seul producteur français de réanimateurs.

Les craintes de manquer de lits de réanimation équipés en respirateurs grandissent face à l'épidémie de coronavirus. Olivier Véran, le ministre de la Santé a annoncé samedi la commande de plus de 1 000 respirateurs artificiels et veut augmenter le nombre de lits équipés de 7 à 8 000 aujourd’hui à 14 000. Air Liquide est le seul producteur français. Il s'est engagé à fournir ces 1 000 respirateurs d'ici fin avril mais cela risque d'être insuffisant. Les constructeurs automobiles comme Renault et PSA ont donc décidé de se mobiliser.

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Éric Marchiol est chargé de l’usine du futur chez Renault. Depuis quelques jours, il chapeaute une petite équipe pour mettre le savoir-faire du constructeur automobile au service d’un vaste projet de fabrication de respirateurs pour les hôpitaux. "Michelin les as aidés sur les joints, ST Microelectronics les as aidés avec des cartes électroniques. Nous, on les aide pour l'industrialisation, les approvisionnements des pièces avec les acheteurs, avec nos logisticiens, explique-t-il. Et les personnes de Renault Formule 1 ayant des compétences qui ont l'air intéressantes, vont aider dans le cadre de ce projet." La participation de Renault ne s’arrête pas là, poursuit l’ingénieur, puisqu'une fois conçus, reste à fabriquer ces fameux respirateurs.

Il y a d'un côté une contribution sur l'impression 3D en attendant que les pièces soient injectées, et de l'autre la mise à disposition du Technocentre comme site d'assemblage.Éric Marchiol, ingénieur chez Renaultà franceinfo

Renault espère démarrer la fabrication au Technocentre de Guyancourt près de Paris dès la fin de cette semaine, d’abord en 3D à raison de quelque 350 respirateurs, puis en série en large quantité dès que ce sera possible.

Chez PSA aussi, on envisage de faire repartir les usines, notamment pour fabriquer des machines de respiration artificielle. D'après les informations de franceinfo, l'annonce devrait être officielle d'ici quelques jours. Mais d'après Jean-Pierre Mercier, délégué CGT chez PSA, c'est "un prétexte" pour "relancer la production de boîtes de vitesse".

La CGT met en garde contre un "déconfinement de dizaines de milliers de personnes"

L'idée de retourner au travail pour fabriquer des respirateurs médicaux est plébiscitée par les syndicats. "Quand j'entends Renault et PSA qui se décideraient enfin à produire des respirateurs médicaux, tant mieux, on est pour, à partir du moment où les conditions sanitaires sont respectées", insiste le délégué syndical. Mais attention à l'entourloupe, prévient Jean-Pierre Mercier.

Il ne faut pas que cela soit le prétexte pour derrière ouvrir en catimini les usines pour fabriquer des Mégane ou des 3008.Jean-Pierre Mercier, délégué CGT chez PSAà franceinfo

Tous les syndicats chez PSA sont d'accord avec ce mot d'ordre, précise le responsable CGT. "On ne peut pas demander à l'ensemble de la population d'être disciplinée par rapport aux règles de confinement, et puis de l'autre côté avoir des directions comme Renault ou PSA qui organisent le déconfinement de dizaines de milliers de personnes. (...) L'urgence vitale aujourd'hui, c'est de fabriquer des respirateurs et non des voitures."

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