Coronavirus : "On va gagner 5 ou 10 ans de politique cyclable d'un seul coup", dit Olivier Schneider, président de la FUB

La Rue de Rivoli à Paris va bientôt être réservée aux cyclistes, a annoncé la maire de la capitale lundi 4 mai 2020.
La Rue de Rivoli à Paris va bientôt être réservée aux cyclistes, a annoncé la maire de la capitale lundi 4 mai 2020. (ALEXIS SCIARD / MAXPPP)

Dans son plan de déconfinement, l'État souhaite encourager les Français à utiliser le vélo, avec un plan de 20 millions d'euros. 

Si la bicyclette ne sera pas un remède miracle aux futurs embouteillages, pour Olivier Schneider, président de la Fédération des usagers de la bicyclette (FUB) et invité mardi 5 mai de franceinfo, "on va gagner cinq ou dix ans de politique cyclable d'un seul coup". L'État souhaite favoriser l'usage du vélo lors de la sortie progressive du confinement. En annonçant un plan de 20 millions d'euros pour faciliter la pratique de la bicyclette, le ministère de la Transition écologique veut éviter un report massif des transports en commun sur la voiture.

"Le vélo permet de circuler malgré un déconfinement compliqué"

Avant même la crise du coronavirus, "on a parlé énormément du vélo" pendant le début de la campagne des municipales, souligne Olivier Schneider. "C'est la première fois que le vélo était un sujet politique et on sentait de toute façon que le vélo serait un sujet majeur du mandat 2020-2026", ajoute-t-il. "Le fait que le vélo permette tant bien que mal de circuler malgré le déconfinement si compliqué", enchaîne le président de la FUB, "avec un tel coup de boost, je pense qu'on va gagner 5 ou 10 ans de politique cyclable d'un seul coup. Donc, vu l'appétence incroyable des Françaises et des Français à se déplacer à vélo sur des distances courtes et moyennes, je pense que cette expérimentation grandeur nature et d'une taille inédite, va nous permettre de voir lorsque des aménagements sont réellement pertinents".

Olivier Schneider est confiant et pense qu'une "énorme partie de ces aménagements seront pérennisés" une fois la crise du coronavirus passée. "Le préfet de la région Ile-de-France fait un travail exceptionnel, même les points noirs que constituent le quartier de la Défense et le pont de Neuilly seront traités", affirme le président de la FUB. Un travail parfois "exemplaire" que l'on retrouve dans de nombreux départements et villes de France d'après lui, "comme Montpellier, qui a été la première à montrer la voie avec des aménagements cyclables temporaires". Olivier Schneider ajoute avoir "été très surpris et de façon positive par le sérieux que l'État a accordé aux vélos".

Le vélo permet de respecter la distanciation physique et donc de vider les transports en commun pour les réserver à celles et ceux qui en ont absolument besoin. Les vélos évitent aussi de polluer comme le font les voitures, alors que cela peut aggraver les symptômes des malades du Covid-19.Olivier Schneider, président de la FUBsur franceinfo

Pour Olivier Schneider, si "transformer en quelques jours, quelques semaines, une ville qui fait la part belle aux voitures en une ville qui au contraire est accueillante et rassurante pour des cyclistes débutants" est un "défi", "c'est un défi bien moindre que de doubler les capacités du transport en commun". Pour épauler les novices de la bicyclette après le déconfinement, la FUB met en place "un système vélo d'urgence qui consiste évidemment à créer des pistes cyclables, mais également de permettre aux gens de se doter d'un vélo ou de le remettre en état. D'avoir des initiations, du coaching pour savoir comment l'utiliser et également trouver du stationnement provisoire pour que la bicyclette ne se fasse pas dérober pendant qu'on travaille ou pendant la nuit."

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