Coronavirus : les séquelles représentent "une menace réelle dont l'importance reste mal évaluée", alerte l'Académie de médecine

Un patient durant une séance de physiothérapie, à Villefranche-du-Périgord (Dordogne), le 11 juin 2020.
Un patient durant une séance de physiothérapie, à Villefranche-du-Périgord (Dordogne), le 11 juin 2020. (GARO / PHANIE / AFP)

L'institution rend un avis alarmant sur la persistance de troubles physiques et psychiques après la phase aiguë de la maladie.

Les dégâts du nouveau coronavirus sont loin d'être terminés. "L'épidémie de Covid-19 diminue nettement en France" mais "chez les malades les plus sévèrement atteints, les séquelles sont une menace réelle dont l'importance reste mal évaluée", indique ainsi l'Académie de médecine dans un avis paru le 15 juillet 2020.

L'institution relève deux types de séquelles physiques des patients atteints de Covid-19 : le premier concerne les "atteintes organiques de la phase aiguë, non ou peu réversibles". Les atteintes aux poumons ("fibrose pulmonaire"), au cœur ("troubles du rythme", "insuffisance cardiaque", "nécrose myocardique") aux reins ("insuffisance rénale chronique terminale"et au système nerveux ("atteintes directes ou indirectes du système nerveux central") peuvent ainsi persister après la phase aiguë de la maladie, et nécessitent, selon les cas, "surveillance prolongée", "rééducation prolongée" et "traitement approprié".

Des "troubles mal étiquetés"

Le second type de séquelles concerne des patients dont "l'infection initiale a été souvent courte et a guéri spontanément" mais qui "se plaignent de nouveaux symptômes après une période de rémission", tels "un malaise général, des douleurs musculaires, des arthralgies, de la fatigue au moindre effort physique ou intellectuel, une perte de la mémoire et, parfois, des accès de tachycardie". Ces "troubles mal étiquetés (...), dont l'origine et le devenir restent inconnus," prolongent la convalescence, écrit l'Académie de médecine.

Pour lutter contre ces séquelles, l'institution recommande "la reprise d'une activité physique, dont la marche est la plus simple, dès que possible", "la vigilance quant à la qualité fonctionnelle des organes les plus souvent atteints" et "une étude longitudinale de plusieurs années" grâce à "une cohorte de patients".

Des séquelles psychiques

Outre les troubles physiques, l'institution alerte sur les "séquelles psychiques". Les patients "sortant de réanimation avec ventilation assistée et sédation profonde, puis d'une longue convalescence, sont intensément marqués" et nécessitent "un soutien psychologique leur permettant de retrouver un travail et une vie sociale normale". 

Certains soignants, grandement mobilisés, "gardent fatigue, anxiété et insomnie, qui nécessitent un suivi et un soutien psychologique", alerte aussi l'Académie de médecine, qui préconise le "recrutement de personnels soignants" et l'"augmentation des rémunérations (...) pour "diminuer le risque de 'burn out'".

Enfin, l'institution note que pour certaines des "victimes du confinement", en particulier "les enfants et jeunes adultes handicapés qui ont quitté leur institution d'accueil", "les enfants privés d'école et de tout contact avec leurs camarades" et "les étudiants retournés chez leurs parents et dont les études ont été interrompues""une aide psychologique" peut être nécessaire. 

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