VRAI OU FAKE Coronavirus : les personnes appartenant au groupe sanguin A ont-elles plus de risques d'être contaminées ?

Un responsable d\'une banque de sang indienne teste une lame recouverte d\'un échantillon de sang alors qu\'il vérifie le groupe sanguin d\'un donneur à Salugara Monestry, près de Siliguri, le 10 mai 2019.
Un responsable d'une banque de sang indienne teste une lame recouverte d'un échantillon de sang alors qu'il vérifie le groupe sanguin d'un donneur à Salugara Monestry, près de Siliguri, le 10 mai 2019. (DIPTENDU DUTTA / AFP)

Des scientifiques chinois ont trouvé un lien entre le groupe sanguin et la sensibilité au coronavirus. Un résultat qui n’est pas encore vérifié par la communauté scientifique.

Plusieurs articles reprennent, vendredi 20 mars, une étude chinoise qui affirme que les personnes du groupe sanguin A seraient plus susceptibles d’être contaminées par le coronavirus. Ils pourraient aussi développer des symptômes plus graves que les autres. Ces affirmations se basent sur de vrais tests, mais leurs résultats ne peuvent pas encore être considérés comme fiables. La Cellule Vrai du Faux vous explique.

Que dit l’étude ?

L’étude citée par plusieurs médias explique que des scientifiques ont comparé la proportion de personnes de chaque groupe sanguin (A, B, AB et O) parmi des échantillons de la population et de patients atteints de Covid-19. Parmi les 3 694 personnes "lambda" sur lesquelles s’appuie l’étude, ils ont noté une répartition d’environ 32% de groupe sanguin A, 25% de B, 9% de AB et 34% de O. Parmi les 1 775 patients testés à l’hôpital Wuhan Jinyintan, cette répartition est de 38% de groupe sanguin A, 26% de B, 10% de AB et 26% de O.

Extrait de l’étude \"Relationship between the ABO Blood Group and the COVID-19 Susceptibility\".
Extrait de l’étude "Relationship between the ABO Blood Group and the COVID-19 Susceptibility". (CAPTURE D'ECRAN)

On observe des écarts de répartition surtout pour les groupes A et O. Les personnes du groupe sanguin A seraient donc légèrement plus susceptibles d’être infectées et celles du groupe O légèrement moins, selon cette étude. Cette expérience a été conduite également à Shenzhen et un écart similaire a été noté. Cependant, prudence sur les conclusions : l’écart observé est léger et ne signifie pas que les personnes du groupe A sont beaucoup plus en danger, ni que celles du groupe O ont moins à craindre.

Des nuances à apporter

Le premier élément fondamental, concernant cette étude, est le fait qu’il s’agisse d’une "pré-publication". Ainsi que le mentionne d’emblée le site sur lequel elle est publiée, "les pré-publications sont des rapports de travaux préliminaires qui n’ont pas été évalués par des pairs. Elles ne doivent pas être suivies comme des guides de pratiques cliniques ou de comportements liés au domaine de la santé, elles ne doivent pas non plus être présentées par les médias comme des vérités établies".

Ainsi, la fiabilité de ces travaux n’a pas encore été prouvée, il n’est donc pas possible aujourd’hui d’affirmer scientifiquement qu’un groupe sanguin particulier est plus exposé au coronavirus.

Les auteur(e)s de cette étude expliquent également que le lien entre le groupe sanguin et la sensibilité au coronavirus pourrait être causé par la présence, ou l’absence, d’anticorps anti-A dans le sang. Un phénomène qui avait déjà été mis en avant pour le SARS-CoV, le virus à l’origine de l’épidémie de 2003. Les scientifiques précisent cependant que "cette hypothèse nécessitera d’autre études concrètes pour être prouvée". Ils affirment qu’"il pourrait y avoir d’autres mécanismes à l’oeuvre” pour expliquer les liens entre groupes sanguins et Covid-19. Des mécanismes qui "auront besoin d’autres études pour être élucidés".

En résumé

Un lien a bien été mis en avant entre groupe sanguin et sensibilité au coronavirus. Selon des premiers travaux, les personnes du groupe A seraient légèrement plus susceptibles d’être contaminées et celles du groupe O légèrement moins, comme c’était le cas pour le SARS-Cov de 2003. Cela dit, ces conclusions sont le fruit d’une pré-publication dont la fiabilité n’a pas encore été prouvée. D'autres études devront être menées pour identifier d’éventuels liens de cause à effet.

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