Coronavirus : les détenus de plusieurs prisons françaises refusent de réintégrer leurs cellules

La prison de Perpignan (Pyrénées-Orientales), le 17 mars 2020.
La prison de Perpignan (Pyrénées-Orientales), le 17 mars 2020. (RAYMOND ROIG / AFP)

Ils protestent ainsi contre la décision de suspendre les parloirs. 

La situation se tend dans les prisons françaises en pleine épidémie de coronavirus. Les détenus de plusieurs maisons d'arrêt et centres pénitentiaires ont brièvement refusé de réintégrer leurs cellules mardi 17 et mercredi 18 mars, après la décision de suspendre les parloirs avec les familles et les proches. Plusieurs incidents ainsi ont eu lieu à Bois d'Arcy, Grasse, Douai, Perpignan, Lille-Sedequin, Saint-Etienne, Toulon, Montauban, Valence, ou encore Nancy, nécessitant souvent l'intervention des équipes régionales d'intervention et de sécurité (Eris).

La garde des Sceaux Nicole Belloubet a annoncé mardi la suspension de l'accès aux parloirs des 188 prisons françaises pour les familles des détenus.

Eviter un scénario à l'italienne

Cette décision était attendue, alors que les autorités ont renforcé lundi soir les restrictions des déplacements et regroupements dans les 15 prochains jours, décrétant ainsi le confinement général pour tenter d'enrayer l'épidémie du nouveau coronavirus (Covid-19).

Cette suspension est "provisoire" et "destinée à éviter la propagation du virus et protéger l'ensemble de la population", a insisté la ministre de la Justice.

Les autorités veulent éviter un scénario à l'italienne, où la suppression des parloirs dans ce pays avait provoqué de violentes mutineries qui ont fait plusieurs morts parmi les détenus.

Un détenu de 74 ans mort du coronavirus

Dans une note, le directeur de l'Administration pénitentiaire Stéphane Bredin demande à veiller à ce que "chaque détenu puisse bénéficier d'une promenade quotidienne au moins", en limitant le nombre de personnes présentes simultanément dans une cour ou un terrain de sport pour respecter "les règles sanitaires".

Les détenus pourront également continuer à "cantiner", c'est-à-dire acheter des denrées, du tabac ou des produits d'hygiène. Mais les activités (sport, cultes, formations...) impliquant l'entrée en détention d'intervenants extérieurs sont quant à elles suspendues.

Un détenu de Fresnes (Val-de-Marne) âgé de 74 ans est décédé à l'hôpital lundi du coronavirus. Trois personnels de l'établissement sont également malades, dont deux infirmières et la directrice des ressources humaines.

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