Coronavirus : le Japon déclare l'état d'urgence pour sept régions dont Tokyo

Le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, prononce son allocution retransmise sur écran géant dans les rues de Tokyo, le 7 avril 2020.
Le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, prononce son allocution retransmise sur écran géant dans les rues de Tokyo, le 7 avril 2020. (TOSHIKAZU SATO / YOMIURI)

La mesure, prévue pour durer un mois, concerne environ 50 millions d'habitants, soit 40% de la population du pays.

L'état d'urgence a été officiellement déclaré dans sept régions du Japon, mardi 7 avril, dont la capitale Tokyo. Décision prise par le Premier ministre après une récente accélération du nombre de cas d'infection par le coronavirus dans le pays. "Face à une situation qui peut gravement affecter la vie de chacun et l'économie, j'ai décidé de déclarer l'état d'urgence", a annoncé Shinzo Abe devant un comité parlementaire.

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Précision importante : l'état d'urgence ne permet pas d'imposer un confinement strict comme dans d'autres pays. Mais il offre aux gouverneurs régionaux concernés la possibilité d'insister auprès des habitants pour qu'ils restent chez eux. Ils peuvent aussi demander la fermeture temporaire de commerces non essentiels.

Pour le moment, l'état d'urgence doit durer un mois. "Nous lèverons cette mesure dès que nous serons certains qu'elle n'est plus nécessaire", a ajouté le dirigeant japonais. En plus de la capitale Tokyo et des trois régions de sa grande banlieue, les préfectures de la région de la grande métropole de l'ouest Osaka, sa voisine Hyogo, ainsi que celle de Fukuoka, dans l'île de Kyushu (Sud-Ouest), sont également concernées. Ce qui représente environ 50 millions de personnes, soit environ 40% de la population du pays.

Un plan d'aide de plus de 900 milliards d'euros

Le Premier ministre, qui avait déjà annoncé lundi son intention de déclarer l'état d'urgence, a tenu à rappeler que ce dispositif n'entraînera "pas de confinement comme observé à l'étranger" et que l'objectif était de "maîtriser la propagation du virus tout en maintenant les services socio-économiques essentiels, comme les transports en commun".

Les autorités comptent essentiellement sur la bonne volonté des citoyens, lesquels sont d'ailleurs très majoritairement favorables à l'état d'urgence, selon un sondage de la chaîne privée TBS publié lundi. "Il est nécessaire de demander l'entière coopération de tous", a martelé Shinzo Abe, ajoutant que "selon les experts, si nous faisons tous des efforts pour réduire nos contacts de 70% à 80%, le nombre d'infections se réduira au bout de deux semaines".

Selon le dernier bilan du ministère japonais de la Santé, le pays totalisait lundi plus de 3 900 cas d'infection depuis le début de la crise, pour 80 morts. L'état d'urgence devrait porter un rude coup supplémentaire à l'économie du pays, alors que Tokyo et sa grande banlieue pèsent environ un tiers du produit intérieur brut (PIB) national.

Par conséquent M. Abe avait aussi annoncé dès lundi un plan d'aide record de 108 000 milliards de yens (915 milliards d'euros) pour contrer les effets de la crise sanitaire sur les entreprises et les ménages japonais. Ce plan, qui doit encore être formellement approuvé par le gouvernement et le Parlement, comprendra notamment des allocations financières pour les ménages les plus modestes ainsi que pour les petites et moyennes entreprises les plus touchées par la crise.

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