Coronavirus : l'Alliance du commerce réclame l'annulation des loyers commerciaux tant que dure le confinement

Yohann Petiot, directeur général de l\'Alliance du commerce, invité de franceinfo ce vendredi 6 mars 2020.
Yohann Petiot, directeur général de l'Alliance du commerce, invité de franceinfo ce vendredi 6 mars 2020. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

Yohann Petiot, directeur général de l'Alliance du commerce, demande aussi à ce que "le plan de soutien s'étende sur l'ensemble de l'année 2020".

"Il faut une mesure simple d'annulation des loyers pendant la durée de la fermeture" due à la crise sanitaire du Covid-19 et au confinement, a réclamé mardi 14 avril Yohann Petiot, directeur général de l'Alliance du commerce [grands magasins, magasins populaires, enseignes de l'habillement et de la chaussure], sur franceinfo. Il faudra aussi, selon lui, "se mettre autour de la table pour définir les relations avec les bailleurs pour les mois à venir, car on sait déjà que la reprise sera longue et très progressive". "Nous sommes dans une situation d'urgence", a-t-il plaidé.

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franceinfo : Les aides du gouvernement sont-elles suffisantes ?

Il y a un plan d'aide qui a été mis en place par le gouvernement qui est massif, avec les prêts garantis par l'État, avec le chômage partiel. Ce sont des aides massives. Mais il faut encore aller plus loin. Le gros point dur pour notre secteur, ce sont les charges fixes et les loyers. Il faut aller au-delà du report. Aujourd'hui, le report est déjà mis en avant par le gouvernement. Il faut bien comprendre que les commerçants qui auront été fermés deux mois et dont l'activité peut être très lente à la reprise, on le sait déjà, ne peuvent pas payer leur loyer alors qu'ils font 0 euro de chiffre d'affaires pendant deux mois. Donc, il faut aller plus loin. Il faut une mesure simple d'annulation des loyers pendant la durée de la fermeture et se mettre autour de la table pour définir les relations avec les bailleurs pour les mois à venir, car on sait déjà que la reprise sera longue et très progressive.

Mais le gouvernement va-t-il pouvoir imposer ça à des bailleurs ? Comment le faire ?

Il le faut. Si son objectif est de sauver les emplois, c'est la seule mesure capable de le faire. Nous sommes dans une situation d'urgence, que les procédures de redressement et de liquidation se multiplient et que c'est la seule mesure qui permettra de sauver l'emploi.

Il faut que les bailleurs fassent un geste. Aujourd'hui, les grands bailleurs ont imposé à leurs locataires de payer immédiatement leurs loyers. Ce n'est pas possible. Une société doit faire des gestes ; ils doivent contribuer à l'effort collectif que tout le monde fait aujourd'hui. Yohann Petiot, directeur général de l'Alliance du commerceà franceinfo

L'État fait un effort avec le chômage partiel. Les salariés font un effort aussi parce qu'il y aura des pertes de pouvoir d'achat. Nos entreprises font des efforts parce qu'elles portent des stocks extrêmement lourds. Comme il n'y a aucune activité depuis deux mois, les stocks dorment dans les entrepôts, dans les magasins, ils perdent de la valeur chaque jour. C'est considérable. Il faut aujourd'hui que les bailleurs prennent part à l'effort collectif.

L'après-11 mai reste flou, qu'avez-vous compris des réouvertures possibles après cette date, annoncée par Emmanuel Macron lundi soir ?

Notre interpération d'hier soir c'est qu'une grande majorité de commerces pourraient commencer à rouvrir le 11 mai. Il faut que nous consacrions le temps, à partir de maintenant jusqu'au 11 mai, pour préparer cette reprise, se mettre aussi autour de la table pour voir comment on va reprendre dans les meilleures conditions possibles. Il faut aussi qu'on consacre ces quelques jours qui vont arriver à préparer la reprise, c'est-à-dire comment on commande massivement du gel [hydroalcoolique]. Quelles sont les mesures que l'on met en place pour accueillir au mieux tous les clients dans les magasins ? C'est de cela que nous devons maintenant discuter avec les pouvoirs publics. Au-delà même de notre secteur, il faudra inventer nos façons de vivre, nos façons d'acheter, nos relations sociales. Il faut qu'on fixe cette discipline de manière collective et commune et qu'il y ait un consensus qui soit partagé. Nous ne pourrons pas ouvrir les magasins si nous ne pouvons pas y faire d'activité. Donc, il faut bien faire un équilibre entre ouverture des magasins, activité et santé publique. Et donc, c'est cet équilibre-là, qui n'est pas facile à trouver, que nous devons tous trouver ensemble dans les prochains jours.

Il y aura encore besoin d'aides. Vous évoquiez les aides sur les loyers, notamment, mais il y aura aussi besoin d'aide pour reconstituer des stocks d'ici à la réouverture ?

Oui, certainement. Il faudra une aide pour les stocks qui perdent chaque jour de la valeur. Et c'est un poids financier extrêmement lourd pour tous les commerçants. Il faudra aussi que le chômage partiel soit prolongé puisqu'on sait que la reprise sera lente et ne sera pas pleine tout de suite. Il faut que l'on puisse encore avoir accès au chômage partiel si on a besoin dans les mois à venir. Il faut véritablement que le plan de soutien s'étende sur l'ensemble de l'année 2020.

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