Coronavirus et jeunes en foyer : "C'est une difficulté de ne pas pouvoir rentrer" dans leur famille

Un mineur placé en Centre d\'éducation fermé dans le Val-d\'Oise (photo d\'illustration).
Un mineur placé en Centre d'éducation fermé dans le Val-d'Oise (photo d'illustration). (LOIC VENANCE / AFP)

"L'important c'est de maintenir un rythme et de permettre aux enfants d'avoir des repères où ils alternent travail intellectuel, physique et ludique", explique André Altmeyer, directeur adjoint des Apprentis d'Auteuil, qui s'occupe de jeunes en difficulté sociale.

Le confinement à cause de l'épidémie de coronavirus n'est pas toujours évident, notamment pour les jeunes placés et les associations qui s'en occupent, comme les Apprentis d'Auteuil qui accueillent, forment et aident à l'insertion des jeunes en difficulté sociale. "Pour certains, c'est une difficulté de ne pas pouvoir rentrer au foyer, de leurs parents ou de leur famille", a expliqué lundi 23 mars sur franceinfo André Altmeyer, directeur adjoint des Apprentis d'Auteuil.

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franceinfo : Qu'implique la fermeture des écoles ?

André Altmeyer : Les jeunes sont 24h/24 dans nos établissements avec un encadrement éducatif, qui, je dois le dire, se dévoue corps et âme à leur service. C'est une difficulté dans la mesure où ces jeunes ne bénéficient plus d'une prise en charge dans le cadre des établissements scolaires et où la continuité pédagogique doit être assurée sur le lieu où ils vivent et où ils dorment.

Avez-vous assez d'éducateurs ?

Nous avons eu la semaine dernière, dans certains de nos établissements, une absence de l'ordre de 20% de personnels éducatifs, notamment parce qu'un certain nombre doit s'occuper de la garde de leurs propres enfants. La bonne nouvelle est tombée ce week-end, le personnel de protection de l'enfance bénéficie désormais de la possibilité de confier ses propres enfants dans les crèches ou les établissements scolaires qui sont ouverts pour accueillir les enfants des personnels de santé. En attendant, les équipes font face et font preuve d'une solidarité exemplaire.

Est-ce que vous craignez des tensions ?

Pour les désamorcer il faut mettre en place des activités pour assurer la continuité pédagogique, la prise en charge éducative, et des activités ludiques. Nous avons mis en ligne une plateforme qui propose des programmes à la journée et à la semaine et les équipes rivalisent de créativité. L'important c'est de maintenir un rythme et de permettre aux enfants d'avoir des repères où ils alternent travail intellectuel, physique et ludique.

Les enfants sont-ils inquiets ?

Ils craignent d'être eux-mêmes victimes de ce virus. Pour un certain nombre, c'est une difficulté de ne pas pouvoir rentrer au foyer, de leurs parents ou de leur famille. Cela génère et réveille un certain nombre de craintes, voire des peurs. C'est tout l'enjeu de l'accompagnement éducatif qui leur est proposé par les travailleurs sociaux qui les accompagnent au quotidien. C'est une difficulté supplémentaire puisque pour un certain nombre d'entre eux sont issus de familles qui sont déjà confrontées à diverses formes de précarité et ce sont des enfants qui ont souvent des difficultés au niveau scolaire. 

Certains enfants de votre fondation sont-ils malades ?

Sur 7 000 jeunes accompagnés au titre de la protection de l'enfance, nous comptons 16 à 20 jeunes et une vingtaine de collaborateurs salariés. Ils sont isolés et bénéficient d'un suivi médical à distance.

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