Coronavirus : du judo avec un poteau et des élastiques, "c’est exactement comme si on avait un partenaire"

Le poteau et les élastiques remplacent l\'adversaire pour ces judokas qui s\'entraînent à Montpellier dans l\'Hérault, le 17 juin 2020.
Le poteau et les élastiques remplacent l'adversaire pour ces judokas qui s'entraînent à Montpellier dans l'Hérault, le 17 juin 2020. (SIMON CARDONA / RADIOFRANCE)

Il y a des sports encore impossibles à pratiquer à cause du coronavirus, comme le judo. Sport de combat et donc de contact par excellence, la distanciation physique y est impossible. Les clubs se sont montrés inventifs pour permettre de reprendre l’entraînement… en plein air. Exemple à Montpellier.

Pas besoin de ceinture ni de kimono pour cet entraînement de judo assez spécial, organisé sur un terrain de foot en béton de Montpellier (Hérault). "Quarante secondes de travail, 20 secondes de récup. On ne fait qu’une fois et on fera deux tours", lance Arthur, l’entraîneur. Et c’est parti !  

Beaucoup de cardio, d’exercices physiques répartis en ateliers individuels, aucun combat. Mais ce n’est pas très important pour Vincent. En confinement chez ses parents à Carcassonne, il est revenu à Montpellier pour le judo et retrouver les copains.

Il n’y a pas le contact avec les partenaires mais les mouvements on les retrouve sur les différents exercices. Ça fait du bien de reprendre avec les autres.Vincent, un apprenti judokaà franceinfo

Arthur, l’entraîneur, a essayé d’intégrer plusieurs gestes techniques dans son circuit sportif comme avec l’exercice des élastiques attachés à un poteau de foot : "C’est exactement comme si on avait un partenaire en face de nous. On vient saisir le revers et la manche du kimono et on vient ouvrir ici et mettre le partenaire en déséquilibre, démontre Arthur. En fait, il ne va plus manquer que la fin du mouvement. Mais tout ce qui est ouverture et travail sur les bras, c’est exactement ce qu’on retrouve avec les élastiques."

Une judokate s\'entraîne à déséquilibrer son adversaire, remplacé par un poteau et des élastiques, à Montpellier, le 17 juin 2020.
Une judokate s'entraîne à déséquilibrer son adversaire, remplacé par un poteau et des élastiques, à Montpellier, le 17 juin 2020. (SIMON CARDONA / RADIOFRANCE)

Le combat manque

Des exercices techniques pour réviser ses gammes, mais rien ne remplace le combat. "L’affrontement avec l’autre, de faire tomber ou même de tomber, c’est pas grave mais.. le combat !, explique Élodie. Là, on ne peut faire que des exercices assez restreints et tout seul, du coup. C’est vrai que ça nous manque le judo. Ça c’est bien mais ce n’est pas ça qui nous plaît à la base."  

Autre limite de ces entraînements en plein air, le nombre d’élèves. "On a 300 licenciés donc on est obligés de faire des sélections pour l’instant, explique la directrice du club, Christel Lavau. Nous sommes trois, on a trente enfants et jeunes". Si les conditions sanitaires le permettent, le club de Montpellier Judo Olympic espère au moins rouvrir son dojo en août pour la traditionnelle remise des ceintures. Les sportifs de haut-niveau rejoindront eux les dojos et leurs tatamis dès le 6 juillet.

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