Coronavirus : dans les territoires fortement touchés par l'épidémie, les maires sont "dans l'hyper-proximité"

Une Marianne avec un masque et une écharpe tricolore (photo d\'illustration).
Une Marianne avec un masque et une écharpe tricolore (photo d'illustration). (ERIC OTTINO / MAXPPP)

En Seine-Saint-Denis et dans le Haut-Rhin, les élus consacrent leur temps à la lutte contre le coronavirus.

Les maires jouent un rôle très important dans la lutte contre le coronavirus. Ils sont tous les jours sur le terrain pour veiller à ce que les consignes soient bien respectées et assurer la continuité du service public. Aude Lagarde est maire de Drancy, une commune de Seine-Saint-Denis de 71 000 habitants, dans des conditions difficiles. Elle a perdu deux de ses adjoints des suites du Covid-19. Pas question pour autant de se barricader chez elle. "Vous dire qu’il y a de l'angoisse... c’est évident, explique Aude Lagarde. Maintenant, je considère que c’est notre mission d’élu local d’être au plus prêt de la population".

Ça me paraît être l’essence même de notre rôle d’élus.Aude Lagarde maire de Drancy, en Seine-Saint-Denisà franceinfo

Dans la commune voisine, à Bondy, Sylvine Thomassin, élue depuis 2011 a vu son quotidien changer, recevant directement des dizaines de mails d’habitants. "On est dans l’hyper-proximité, indique la maire de Bondy. "On me dit dans tel hall, il se passe ça, on me dit qu’il y a de la violence conjugale, on me dit qu’il y a une personne isolée et qu’il faut absolument lui apporter des courses", énumère l'élue qui parcourt également son territoire avec la police municipale pour prévenir les attroupements. "En trois à quatre jours, on a réussi à éradiquer les rassemblements sur une cité du sud de la ville, explique Sylvine Thomassin. Donc, ça c’est parfait, mais entre temps on m’a signalé d’autres endroits d’attroupements par exemple dans les halls d’immeubles ou dans les montées d’escaliers".

"On est un peu borderline"

Dans le Haut-Rhin, la pandémie touche quasiment toutes les familles. "On n’est jamais préparé", affirme le maire de Munster, Pierre Dischinger qui prend particulièrement soin des personnes isolées. Il a réactivé le plan canicule : "On a un listing qui existe en mairie. Tous les deux à trois jours maximum on passe un coup de fil à ces personnes pour qu’elles aient déjà un petit lien social, mais aussi pour nous dire si elles sont en difficulté dans un domaine ou un autre."

Je pense que personne ne peut dire qu’on est préparé pour ce genre de pandémiePierre Dischinger, maire de Munsterà franceinfo

Un peu plus haut dans la montagne, la maire de Metzeral, Denise Buhl se sent elle-même un peu abandonnée. "On essaye de faire ce qu’on peut, je pense que de temps en temps on est un peu borderline, avoue-t-elle. J’ai par exemple ouvert le marché sans attendre l’accord préfectoral qui est arrivé que le lendemain, c’était juste une nécessité pour notre population". Le Haut-Rhin reste pour le moment le département le plus touché en France par l'épidémie de coronavirus.

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