Coronavirus Covid-19 : quels sont les scénarios envisagés en cas de propagation en France ?

Le ministre de la Santé Olivier Véran lors d\'une réunion de travail sur le Covid-19, mardi 18 février 2020, à Paris.
Le ministre de la Santé Olivier Véran lors d'une réunion de travail sur le Covid-19, mardi 18 février 2020, à Paris. (LUDOVIC MARIN / AFP)

S'il n'y a pas d'épidémie en France, cela n'a pas empêché les participants à une réunion informelle au ministère de la Santé d'envisager quelques idées pour éviter une saturation des hôpitaux.

Mieux vaut prévenir que guérir. A ce jour, il n'y a pas d'épidémie de Covid-19 en France, ce qui n'empêche pas les professionnels d'anticiper l'éventuel scénario d'une forte diffusion du nouveau coronavirus en France. Une réunion de mobilisation du système de santé s'est ainsi déroulée au ministère, mardi 18 février, afin de lancer une réflexion en présence des professionnels hospitaliers et libéraux. Les participants ont évoqué les conséquences d'une hypothétique pandémie en France et le risque de saturation dans les hôpitaux. Toutefois, aucun scénario spécifique chiffré n'a été étudié lors de la rencontre.

Aujourd'hui, tous les cas confirmés de Covid-19 font l'objet d'une hospitalisation mais seuls 15% des patients admis présentent une forme jugée sévère de la maladie. "Afin de ne pas saturer le système hospitalier, il faudrait alors faire appel aux professionnels libéraux pour assurer le suivi, en partenariat avec le Samu", explique à franceinfo le professeur Louis Soulat, l'un des participants à cette réunion informelle. L'idée serait donc d'organiser un "tri" des cas selon leur gravité (chambres spéciales sous pression négative ou simple isolement).

"Les mesures barrières sont assez efficaces"

Afin d'éviter la saturation, les établissement de santé dits "de deuxième niveau" seraient également sollicités pour compléter le dispositif des neuf établissements français de référence (ESR) qui maillent aujourd'hui le territoire. L'ensemble des structures devrait également être en mesure de réaliser des tests diagnostic (une trentaine seront habilités à le faire en fin de semaine). En cas d'afflux important de patients, il est toujours possible "de libérer des lits en reportant certaines interventions chirurgicales ou hospitalisations non urgentes", ajoute Jean-Paul Hamon, président de la Fédération des médecins de France (FMF).

Le scénario catastrophe prévoit surtout de confiner à domicile les patients les moins sévèrement touchés. "L'exemple chinois montre que cette mesure fonctionne plutôt bien et que les mesures barrières sont assez efficaces", poursuit Louis Soulat. Le cas échéant, les médecins libéraux seraient alors mis à contribution pour assurer le suivi des malades. Encore faudrait-il les sensibiliser aux mesures barrières (masque, lunettes...) car un médecin a récemment été contaminé par un patient, après un appel du 15 sur une visite à risque. "On nous a dit que des stocks étaient en train d'être constitués", fait savoir Jean-Paul Hamon, qui a soulevé ce point lors de la réunion.

Le Samu aurait besoin de renforts

Lors de la récente alerte locale dans le Rhône-Alpes, liée à la découverte d'un "cluster" de patients, un numéro vert a été mis en place pour ne pas saturer le 15. Ce dispositif a été jugé satisfaisant et pourrait donc se développer dans le scénario d'une propagation en France du Covid-19, pour l'heure improbable. "Les patients confinés pourraient être suivis par un numéro régional ou national mis à disposition, une plateforme qui viendrait compléter la phase initiale d'appel au 15", précise Louis Soulat.

Par ailleurs, une situation pandémique entraînerait de sérieuses tensions pour le Samu. Les appels liés à de potentiels cas de coronavirus consomment en effet beaucoup de temps, ne serait-ce que pour mettre les patients en relation avec les centres d'analyse. Sur ce point, la France devrait sans doute prévoir des renforts, mais dans quelle proportion ? Voici l'une des nombreuses inconnues liées à une possible situation pandémique dans l'Hexagone. Pour l'heure, toutefois, les autorités sanitaires et les professionnels travaillent dans la sérénité, car aucun élement ne permet d'imaginer une telle situation.

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