Coronavirus Covid-19 en Italie : "Il y a une réaction assez rapide et très stricte"

Des voitures de la police italienne patrouillent dans la ville placée en quarantaine de Codogno le 23 février 2020. 
Des voitures de la police italienne patrouillent dans la ville placée en quarantaine de Codogno le 23 février 2020.  (MIGUEL MEDINA / AFP)

Pour Jean-Pierre Darnis, maitre de conférences à l'université Côte d'Azur : "On ne doit pas mettre en doute les capacités sanitaires de l'Italie".

L'Italie est le premier pays d'Europe à mettre des villes en quarantaine à cause du coronavirus Covid-19, un mois exactement après une mesure similaire prise en Chine autour du berceau de l'épidémie. Les autorités ont mis fin au carnaval de Venise dimanche 23 février, alors que deux personnes sont mortes du Covid-19 en Italie et que plus de 100 personnes sont contaminées. "En Italie, on pense que ce serait un cas isolé qui aurait provoqué une contagion dans le nord de l'Italie mais il faut observer ça avec attention", a expliqué dimanche 23 février sur franceinfo Jean-Pierre Darnis, maître de conférences à l'université Côte d'Azur (Nice), conseiller scientifique à l'Istituto Affari Internazionali de Rome.

franceinfo : Ces mesures de quarantaine vous semblent-t-elles adaptées ?

Jean-Pierre Darnis : Il faut se dire que l'Italie est un pays médicalement avancé, que les Italiens sont parfois très paranoïaques sur leur santé. Ils ont donc tendance à amplifier les périls. Face à cette nouvelle forme de foyers de contagion apparue dans le nord de l'Italie, il y a une série de mesures très strictes, avec des villes fermées où les habitants sont invités à rester chez eux. S'ils ne le font pas, la police ou l'armée peuvent les obliger à le faire. Il y a donc une réaction assez rapide et très stricte. Après tout dépend de l'évaluation du niveau de l'épidémie ou de la non épidémie puisqu'on considère encore que ce n'est pas une épidémie. En Italie, on pense que ce serait un cas isolé qui aurait provoqué une contagion dans le nord de l'Italie mais il faut observer ça avec attention.

Les autorités peuvent-elles faire face à ce genre de situation ?

Les dispositifs médicaux, la médecine italienne, les hôpitaux italiens, sont à l'avant-garde. Donc il y a en Italie, comme dans beaucoup de pays occidentaux, des capacités techniques, hospitalières tout à fait fortes avec deux grands centres de virologie à Rome et à Milan. Donc, il y a une structure sanitaire dont on ne doit pas mettre en doute les capacités. Après est-ce que la réaction politique et institutionnelle est la bonne ? Certains médecins disent que cette épidémie serait très surévaluée par rapport à celle de la grippe qui aurait fait 212 morts en Italie depuis le début de l'année.

Comment réagissent les Italiens ?

Ils sont assez effrayés par ce qui se passe. On est en train de leur dire qu'il ne faut plus aller dans les bars, dans les églises, les écoles. Les universités sont fermées, les stades sont fermés. On touche l'Italie au cœur de sa vie sociale et ce n'est pas facile pour ce peuple-là.

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