Coronavirus : cinq questions sur l'utilisation de masques contre le Covid-19

Un voyageur porte un masque pour se protéger du coronavirus, le 1er mars 2020 à l\'aéroport de Montpellier (Hérault).
Un voyageur porte un masque pour se protéger du coronavirus, le 1er mars 2020 à l'aéroport de Montpellier (Hérault). (ISELYNE PEREZ-KOVACS / HANS LUCAS)

Emmanuel Macron a annoncé mardi que l'Etat réquisitionnerait "tous les stocks et la production de masques de protection" pour les distribuer aux soignants et aux personnes atteintes du coronavirus.

Volés dans les hôpitaux, réclamés par les médecins, réquisitionnés par le gouvernement : les masques de protection sont au centre de toutes les attentions au moment où l'épidémie provoquée par le nouveau coronavirus s'intensifie en France.

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Quels sont les différents types de masques à disposition ? Quand faut-il les utiliser ? Comment le gouvernement compte-t-il gérer les stocks présents dans l'Hexagone ? Franceinfo fait le tour de la question.

1Quels sont les différents types de masques ?

Le site du ministère de la Santé (PDF) distingue deux types de masques : les masques chirurgicaux classiques et les masques de protection respiratoires FFP (pour "Filtering Facepiece Particule", littéralement masque à filtre de particules).

Le premier est le plus basique et le plus répandu. Le plus souvent en papier, il permet à son porteur de protéger les personnes qui l'entourent des "projections de sécrétions des voies aériennes" lors de toux, d'éternuements ou de postillons, par exemple. Ces sécrétions peuvent "contenir des agents infectieux", et donc transmettre un virus.

Plus élaboré et parfois reconnaissable à sa forme de bec de canard, le masque FFP se distingue par la présence d'un dispositif de filtration. D'une plus grande rigidité qu'un masque chirurgical traditionnel, il protège non seulement l'entourage de son porteur des projections de gouttelettes, mais également le porteur des inhalations "d'agents infectieux transmissibles par voie aérienne", indique le ministère.

Un masque de protection de type FFP2, le 28 février 2020 à Nuremberg (Allemagne).
Un masque de protection de type FFP2, le 28 février 2020 à Nuremberg (Allemagne). (DANIEL KARMANN / DPA / AFP)

Egalement utilisés dans l'industrie, par exemple pour protéger les ouvriers des inhalations de poussières qui peuvent provoquer des maladies, ces masques sont classés selon leur capacité de filtration. Le FFP1 filtre ainsi 78% des particules, contre 92% pour le FFP2 et 98% pour le FFP3, qui est parfois utilisé dans le bâtiment pour éviter d'inhaler des particules d'amiante, note Sciences et avenir. En matière de lutte contre les maladies, c'est le modèle FFP2 qui est le plus répandu.

2Faut-il en porter ?

Si vous n'êtes pas malade, que vous n'en côtoyez pas de manière rapprochée et n'occupez pas une profession médicale, la réponse est simple : non.  Les masques chirurgicaux ordinaires ne sont en effet utiles que pour les personnes malades ou qui présentent présentant des symptômes afin qu'ils ne contaminent pas leur entourage.

[Le Covid-19] se transmet par les personnes qui éternuent, qui se mouchent et qui vous serrent la main, donc c'est vraiment du contact.Jérôme Salomondirecteur général de la Santé

Les FFP2, quant à eux, "sont réservés exclusivement aux personnels hospitaliers, en contact étroit et prolongé avec des cas confirmés et qui réalisent des gestes médicaux invasifs", tels que des soins intensifs, indique un document (PDF) publié le 2 mars par le ministère de la Santé .

"Le masque n'est pas la bonne réponse pour le grand public car il ne peut être porté en permanence et surtout n'a pas d'indication sans contact rapproché et prolongé avec un malade", martèle le site du gouvernement.
 

3Comment les utiliser ?

Quelques éléments sont à retenir si vous êtes malade et que vous êtes amené(e) à porter un masque. Les masques chirurgicaux classiques sont ainsi à jeter dès qu'ils sont mouillés ou souillés "dans une poubelle si possible équipée d'un couvercle et munie d'un sac plastique", indiquent les autorités sanitaires, qui recommandent ensuite de bien se laver les mains à l'eau et au savon ou de se les désinfecter avec un gel hydroalcoolique.

Les masques de protections respiratoires FFP2 (qui ne sont utiles que si vous travaillez en milieu hospitalier, rappelons-le) doivent de leur côté rester en place une fois posés et ne plus être touchés. "Une fois enlevé, il ne doit pas être réutilisé. Il doit être changé immédiatement en dehors de la présence du patient, chaque fois qu'il est souillé, mouillé ou mal positionné sur le visage", précise le ministère de la Santé.

4Où acheter des masques ?

Comme l'indique Le Monde, les pharmacies restent l'endroit le plus fiable pour se procurer ce type de matériel. "Sur internet, il faut être vigilant et vérifier que les masques sont conformes aux normes des autorités de santé", écrit le quotidien. La prudence est d'autant plus de mise que depuis le début de l'épidémie, les prix de ces équipements ont une fâcheuse tendance à s'envoler. Habituellement facturés entre 20 et 50 centimes d'euros l'unité, les masques chirurgicaux classiques sont ces derniers jours parfois vendus sur internet à 2 euros pièce. Egalement proposés sur les plus importantes places de marchés en ligne, les FFP2 s'échangent désormais à 6 euros l'unité environ. 

Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a annoncé mardi le lancement d'une enquête par la Direction générale des fraudes (DGCCRF) sur les fortes augmentations des prix de vente des gels hydroalcooliques et des masques afin de sanctionner les abus. Il a précisé qu'il se tenait prêt à prendre un décret d'encadrement des prix en cas d'irrégularités constatées. La porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, a d'ailleurs rappelé, mercredi 4 mars, que la vente des masques en pharmacie était désormais soumise à prescription médicale.

5Les stocks sont-ils suffisants ?

Le gouvernement l'assure. Lors des questions au gouvernement à l'Assemblée, Olivier Véran a indiqué mardi que la France disposait d'un stock d'Etat de 145 millions de masques chirurgicaux. Le ministre de la Santé a annoncé le déstockage de dix millions de ces masques pour les professionnels de santé, qui doivent être répartis dans toutes les pharmacies de France. Quinze à vingt millions supplémentaires arriveront "à mesure que les besoins se font sentir".

Olivier Véran a également précisé qu'après l'épidémie de grippe H1N1 de 2009-2010, il avait été décidé que "la France n'avait pas à faire de stock d'Etat des fameux masques FFP2". "Il n'y a donc pas de stocks d'Etat de masques FFP2", selon le ministre de la Santé. Pour faire face à la demande en hausse, l'Etat réquisitionnera "tous les stocks et la production de masques de protection" pour les distribuer aux soignants et aux personnes atteintes du coronavirus, a annoncé mardi Emmanuel Macron. Le décret à ce sujet a été publié dès mercredi au Journal officiel.

Cette "mesure très symbolique (...) vise à rassurer la population en montrant que l'Etat prend toutes ses responsabilités en matière de gestion de crise", a expliqué l'entourage du président à l'AFP. Il s'agit de "pouvoir contrôler la production de masques et répondre aux besoins de la population dans le cadre d'une montée en puissance prévisible de la crise", précise la même source.

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