Coronavirus : "Ce que nous avons entendu à ce stade ne nous convainc pas", s'inquiète une sénatrice de la Commission d'enquête

La sénatrice PS de Paris Marie-Pierre de la Gontrie, le 8 décembre 2014 à Paris.
La sénatrice PS de Paris Marie-Pierre de la Gontrie, le 8 décembre 2014 à Paris. (MIGUEL MEDINA / AFP)

La sénatrice PS de Paris Marie-Pierre de la Gontrie s’est dit sur franceinfo préoccupée après les auditions au Sénat par l'impréparation de la France face à une deuxième vague.

Marie-Pierre de La Gontrie, sénatrice PS de Paris, membre de la commission d'enquête sur la gestion de la crise du Covid-19, s’est dite mardi 15 septembre sur franceinfo préoccupée après les auditions au Sénat par l'impréparation de la France face à une deuxième vague. "La question est de savoir si aujourd'hui nous sommes davantage prêts. Ce que nous avons entendu à ce stade ne nous convainc pas", a-t-elle estimé. Jean-François Delfraissy, le président du Conseil scientifique, et le controversé professeur Didier Raoult, directeur de l'institut hospitalo-universitaire en maladies infectieuses de Marseille, ont aussi été auditionnés.

franceinfo : avez-vous été déçue par l’audition du professeur Raoult ?

Marie-Pierre de La Gontrie : finalement, nous n'attendions pas grand-chose de l'audition du professeur Raoult cet après-midi, dès lors, pour des raisons qui lui appartiennent, il avait refusé toute forme de débat contradictoire. Ceux qui en attendaient quelque chose ont peut-être été déçus. En tout cas, ce n'était pas mon cas. C’est vrai que nous avons constaté qu'il avait du mal avec la contradiction. Nous ne sommes pas un tribunal, nous ne sommes pas des scientifiques. Donc, dès que nous émettions une interrogation, soit il nous dit qu’il est en désaccord avec une opinion, ce qui n'est pas le cas, soit il nous renvoie à des documents qui vont être publiés.

Bernard Jomier, le co-rapporteur de votre commission d'enquête, s’inquiète d'une impréparation à une deuxième vague. Les défauts observés lors de la première vague au printemps n'ont-ils pas été corrigés ?

Nous avons entendu absolument tous les intervenants, tous les corps de métier du secteur sanitaire et nous avons constaté effectivement cette impréparation générale, ce désarroi dans lequel ils se sont trouvés. Le professeur Delfraissy que nous avons entendu ce matin dit cela : "Nous n'étions pas prêts". La question est de savoir si aujourd'hui nous sommes davantage prêts. Ce que nous avons entendu à ce stade ne nous convainc pas. Nous entendons les ministres en exercice la semaine prochaine, mais les Français le voient. C’est ce qui nous préoccupe.

Quel point précisément vous semble encore perfectible ?

Ce qui a émergé, c’est la question de la gouvernance. C'est un terme un peu technoïde qui n'est pas très sympathique. C’est-à-dire qui décide quoi et comment les choses se passent ? Depuis nos auditions, nous constatons que depuis le début de ce séisme sanitaire, la difficulté de l'identification du patron, c'est-à-dire les instructions, a été totalement flottante. Aujourd'hui, il semble que ce soit toujours ce qui est perçu. Nous le vivons d'ailleurs avec des protocoles qui changent le jour, le lendemain, etc. Ce côté flottant n'a pas été redressé à ce stade.

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