Coronavirus : "Ce n'est pas une actualité qui dure depuis un mois qui va nourrir les angoisses des enfants"

Trop parler aux enfants de l\'épidémie \"peut provoquer plus d\'angoisses que nécessaire\" d\'après Florence Millot.
Trop parler aux enfants de l'épidémie "peut provoquer plus d'angoisses que nécessaire" d'après Florence Millot. (LAGAIN AURELIE / FRANCE-BLEU BREIZH IZEL)

Les enfants ont moins peur du coronavirus que leurs parents, selon la psychologue pour enfants Florence Millot qui préconise toutefois "d'éviter de trop en parler".

"Les enfants entendent le mot [coronavirus] un peu comme un jeu, mais ça ne veut pas dire qu'ils s'en inquiètent forcément", explique sur franceinfo ce mardi Florence Millot, psychologue pour enfants. Elle estime que le fait de trop parler aux enfants de l'épidémie, qui a fait quatre morts en France, "peut provoquer plus d'angoisses que nécessaire". Elle préconise donc "d'éviter de trop en parler". S'ils posent des questions, "on leur demande leur représentation du virus, s'ils ont des peurs pour ne pas en créer de nouvelles et on les aide à faire le tri dans l'information, parce qu'il y a beaucoup d'images fausses, ça leur permet d'avoir une image mentale à leur mesure, donc ils sont capables de se rassurer eux-mêmes", indique Florence Millot, précisant que les enfants susceptibles de poser des questions aux parents sont ceux âgés de "8 à 15 ans, car ils ont accès aux réseaux sociaux".

Mais pour Florence Millot, les enfants sont généralement moins inquiets que leurs parents au sujet du coronavirus : "Tant que le paysage de leur quotidien n’est pas changé, ça ne leur change pas grand-chose et quand bien même ils n’iraient pas à l’école, en général ils sont contents de rester à la maison et de jouer avec papa ou maman", assure-t-elle. Certes, "il y a des enfants qui sont hypocondriaques [peur d'être malade], mais en général ils sont très en lien avec l'inquiétude du parent", explique la psychologue. Elle tempère toutefois : "Quand on dit que les enfants ressentent toutes les inquiétudes des parents, ce sont des inquiétudes plus fortes que simplement ce virus, ça peut être la maladie réelle d'un parent, un divorce ou un problème financier". "Ce n'est pas une actualité qui dure depuis un mois qui va nourrir les angoisses des enfants", ajoute Florence Millot.

Les enfants ont rarement peur des maladiesFlorence Millot, psychologue pour enfantsà franceinfo

Interrogée sur la représentation que les enfants peuvent se faire sur l'épidémie du coronavirus, Florence Millot estime qu'autant pour "les attentats, les enfants étaient capables de se les représenter, parce que c’est la mort, ce sont des coups de fusil, ce sont des méchants, ce sont des choses qui leur parlent, ça fait partie de leur univers", mais que dans le cas du coronavirus, "la maladie, c’est quand même beaucoup plus éloigné". "Les enfants ont rarement peur des maladies", affirme la psychologue pour enfants. C'est là que réside la principale différence avec les adultes selon Florence Millot : chez les enfants, "il n’y a pas un imaginaire qui peut se construire à la différence de nous adultes, quand nous voyons quelqu’un éternuer dans le métro, nous avons envie de changer de wagon", explique-t-elle.

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